Layla Zoe est originaire de la Colombie Britannique. Donc elle est canadienne. Une chanteuse dont la voix est souvent comparée à celle de Janis Joplin. Elle a publié ses premiers essais entre 2006 et 2008, sur des écuries indépendantes. Après avoir apporté sa collaboration au jeune bluesman teuton Henrink Freischlader, elle signe chez Cable Car. Elle lui réserve trois elpees, "Sleep little girl" en 2011, "Lily" en 2013 et enfin un "Live at the Spirit of 66" (immortalisé à Verviers) en 2015. Elle émigre alors sur le label Ruf.
Les sessions d’enregistrement de "Breaking free" se sont déroulées aux Megaphon Tonstudios, en Allemagne. Hormis une cover, toutes les compositions sont issues de la plume de Jan Laacks, le guitariste ; Layla se chargeant des textes. Le backing group est constitué de musiciens allemands. Outre Jan, le line up implique le drummer Hardy Fischötter et le bassiste/claviériste Gregor Sonnenberg. Le combo pratique un blues/rock particulièrement puissant.
Majestueux, "Backstage Queen" ouvre l’opus. Solides, les riffs lorgnent tour à tour vers Jimmy Page ou Eddie Van Halen. Zoe a du coffre. Et elle donne tout ce qu’elle a dans le corps. "Why do we hurt the ones we love" est une ballade ‘hendrixienne’ somptueuse. Atmosphérique, la voix est tout à fait à l’aise sur cette plage tapissée de claviers, alors que Laacks s’autorise un billet de sortie empreint de douceur et soucieux de la mélodie. "Wild one" est imprimé sur un mid tempo. Une ballade bluesy au cours de laquelle Layla reste sur la réserve. Longue plage, "Highway of tears" s’étale sur plus de onze minutes. Une compo naturellement élégante, belle même, qui met en exergue la complicité entre la vocaliste et le guitariste. Et c’est ce dernier, qui en explorant sa sensibilité personnelle, prend de nouveau soin de la ligne mélodique. Le titre maître est également imprimé sur un mid tempo, alors que le refrain est repris en chœur par les musicos. Les percus marquent vigoureusement le rythme de "Worken horse", une plage funky au cours de laquelle Jan mêle habilement cordes acoustiques et électriques. Jolie ballade, "Sweet angel" concède des accents country. Laacks en profite pour injecter un max de feeling dans ses interventions, dispensées parcimonieusement, tandis que la voix monte doucement et progressivement en puissance. "Run away" est plus enlevé, un rockin' blues dense, parfaitement structuré. La section rythmique en impose, tout en se mettant au service de la voix. Autoritaire, quand même. Et le gratteur n’est pas en reste. Il se révèle même à la ‘Page’. Layla se réserve un exercice de style classieux sur la cover des Stones, "Wild horses", une version acoustique particulièrement subtile. Jan se consacre à la slide (NDR : et probablement aussi à la lap steel) sur "A good man". Miss Zoe se déchaîne aux vocaux. De bonne facture, cet LP s’achève par le dépouillé "He loves me", un cri d’amour partagé entre la voix et le piano de Sonnenberg.

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