C’est donc le moment de la métamorphose pour Anthony Hegarty ! Le New-yorkais s’est en effet, offert une triple mue. Et la plus importante est physiologique, puisqu’il a décidé de devenir une femme. Il a donc transformé son Anthony en Anohni. En outre, sa soul est aujourd’hui boostée par deux des têtes chercheuses les plus aventureuses de l’électro actuelle : Oneothrix Point Never (Lopatine) et Hudson Mohawke.
Cette dernière évolution fait d’ailleurs un bien fou à l’univers sonore d’Anohni qui avait peu à peu tendance à se figer et même à nous anesthésier. Ce qui ne veut pas dire qu’il (ou elle) manquait d’aptitudes. L’Américain(e), autrefois adoubé(e) par Lou Reed, n’est pas pour autant devenue la reine de la gaudriole ; d’ailleurs, « Hopelesness » est, bien entendu, un long playing torturé et particulièrement sombre…
Les titres parlent d’eux-mêmes : « Drone Bomb Me », « Violent Men » ou « Execution »... Les productions léchées de nos deux acolytes confèrent une véritable force obscure au chant si particulier et envoûtant d’Hegarty qui s’épanouit dans ces écrins enfumés et dérangés concoctés par Daniel Loptine (NDR : si le très énervé « Obama » règle le compte au président actuel, on attend impatiemment qu’il nous communique son point de vue sur le candidat Trump, et surtout sur sa conception de la politique autant interne qu’internationale). Certaines compos, naviguant entre R&B, pop et électro pointue, s’avèrent légèrement plus accessibles mais se doublent d’une redoutable efficacité ; et ce grâce au talent de l’Ecossais Hudson Mohawke (NDR : « 4 Degrees », une plage qui traite des changements climatiques).
Si « Hopelesness » correspond parfaitement à la vision pessimiste de l’humanité déclinée par Anonhi, il incarne paradoxalement un bel espoir, de le voir prendre un nouveau départ, dans sa carrière musicale…

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