Canned Heat s’est plié à la tradition en éditant, un elpee consacré à Noël. Bien que paru en novembre, ce disque est bien un « Christmas album » ! Donc à se procurer dans le cadre des fêtes de fin d'année. Un cadeau à offrir aux nombreux fans du premier boogie band de notre globe. Néanmoins, il faut reconnaître qu’il n'en est pas à son coup d'essai. L'histoire méritait donc d'être racontée. Le line up actuel a donc mis en boîte sept plages, alors que les histoires du père Noël de naguère, refont surface au même moment.
L'hommage au père Noël démarre par un boogie rock'n'roll : "Deck the halls". La voix râpeuse de Robert Lucas ne manque pas de charme. Il souffle aussi dans l'harmonica, tandis qu'un piano boogie déferle en arrière-plan. Le non-voyant Jay Spell y siège. Un retour, puisqu’il a joué chez le Heat trente ans plus tôt, aux côtés de Hollywood Fats. L’amusant "The Christmas song" date de 1968. C’est le témoignage le plus ancien. Les voix déshumanisées des Chipmunks et celle bien plus chaleureuse de Bob Hite embraient sur un Christmas boogie, dynamisé par les cordes de Vestine. La face B de ce single, est une ballade bluesy. Le Bear chante ce "Christmas blues". C'est la grande époque. Bob souffle timidement dans l'harmonica. Henry est très inspiré sur les cordes. Larry Taylor et Fito assurent la rythmique. Le même Fito est aussi annoncé au piano! Cinq plages du Heat contemporain ont été sélectionnées. "Santa Claus is coming to town", tout d’abord, dont les arrangements sont signés Barry Levenson. Une plage séduisante, très swing. Imprimé sur un mid tempo, "I won't be home for Christmas" est chanté par le bassiste Greg Kage. La démarche est nonchalante, décontractée. Ce qui est plutôt rare. Spell aux ivoires et Levenson aux cordes y prennent leur pied. "Christmas boogie" est une des meilleures plages. Signée Levenson elle est chantée par Lucas ; sans aucun doute la voix du Heat actuel. Pendant ce temps, Alfredo se divertit en cognant les fûts avec un même discernement. Jay Spell est invité à chanter "Santa Claus is back in town". Il est meilleur pianiste que chanteur ; pourtant l'ambiance est bonne. D’ailleurs les solistes décrochent leur billet de sortie. Récréation : les rois du boogie se paient un "Jingle bells" plutôt sympa. Pas trop confiant au chant, Robert est soutenu par les voix douces de Sharon et Kathleen. Heureusement, il se révèle plus persuasif à l'harmo. Je le préfère quand même lors de l’interprétation d’un autre traditionnel : "Boogie boy (Little drummer boy)". Le Heat de la grande époque s’attaque à une autre version de "Christmas blues". Le traitement de ce slow blues tourne au max du ralenti. Pour la circonstance, Dr John signe une très belle ouverture au piano. Bob Hite chante devant l'harmo de Blind Owl (NDR : une intervention belle à pleurer !) Sunflower dispense ses notes avec une retenue édifiante. Ils avaient tout compris du blues les gars de L.A. En bonus, on a droit à une troisième version de "Christmas Blues". Rythmée, elle a été enregistrée live. En 1998. A Washington D.C. Eric Clapton se réserve la guitare alors que l'incroyable John Popper (de Blues Traveler) souffle comme un extra-terrestre. Joyeux Noël!

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