Tout droit sortis des valises de Macha Makéïeff et Jérôme Deschamps, Moriarty possède toutes les caractéristiques du groupe farfelu. Pour info, Makéïeff et Deschamps, sont les maîtres des ‘Deschiens’, cette troupe d’acteurs complètement à la masse, qui sévissaient, entre autres, sur les ondes aux belles heures de Canal +. Réunissant cinq personnes issues de pays différents (USA, France, Inde,…), le combo à clairement l’ambition, lui aussi, de faire macérer son blues folk –parfois légèrement teinté de country– dans un univers tout à fait déjanté. Afin, sans doute, de rendre hommage à leur ‘parrains’. Autour de la Diva (Rosemary Standley), gravitent harmonica, guitare folk, valises cabossées, chamoisettes et autres ustensiles hétéroclites tout aussi inutiles acoustiquement qu’indispensables au décor. Ce conglomérat incertain, se transforme vite en une succulente pièce de théâtre baroque, où les talentueux acteurs se complaisent à redéfinir un univers particulier. La qualité des compositions croise l’humour, la légèreté et la douceur, tout en rehaussant à la perfection la sublime voix de la Diva. Les cinq –faux– frères et sœurs Moriarty (Rosemary, Charles, Stephan, Thomas et Arthur Moriarty) se délectent de cette capacité à tourner à l’infini dans une valse onirique. Ils y parviennent sans même nous inoculer le tournis où la nausée. Un album que l’on s’enfile d’une traite et en traversant en même temps, une bulle énorme de rêve.

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