Après les petits meurtres, voici les petits cauchemars entre amis. Autant dire qu’on préfère dormir et se payer des heures de terreur en compagnie des quatre trublions d’Asyl. La dernière fois où nous avions croisé tant de détermination en France ? La réponse coule de source, elle est sombre : Noir Désir. La référence au groupe de Bertrand Cantat a été usée sans vergogne pour étiqueter de nombreux troupeaux de guignols hexagonaux. Cette fois, le rapprochement n’est pas volé. Electricité, authenticité. Asyl lance ses « Petits cauchemars entre amis » sur un « James Dean » rageur, fonceur. Les textes défilent dans une urgence, une violence trop rarement entendue dans les vignobles chiraquiens. Pour entrer dans cet univers fiévreux, le « James Dean » initial s’auto suffit. Les lignes de basse rebondissent, fonçant à travers les riffs stridents de guitares nerveuses. Produit par Andy Gill, le mythique guitariste de Gang Of Four, ce premier album réduit en miettes tous les détours du retour du rock entendus aux abords de la capitale. Si la bataille devait commencer aujourd’hui, Asyl serait le premier à sauter dans la tranchée. Guitare à la main, riffs tranchants, prêts à tuer pour percuter. Asyl ne suit aucune ligne de conduite. Pourtant, le groupe appuie quelques œillades électriques en direction du passé (« Génération » et « Zeppelin »). Mais ces clins d’œil ne trouvent pas écho dans ces chansons éjectées, postées aux portes du Gun Club, un lieu où les fantômes aiment à danser sur les brûlots des Stranglers, des Gang of Four et autres Buzzcocks. Un lieu où on chante en français. On crie, on se défoule. Ça déboule ! Après ces « Petits cauchemars entre amis », il ne nous restera plus qu’à courir. Droit à l’Asyl !

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