Après s’être cherché le temps de deux albums, Angra s’est enfin relevé. Et puis a entamé sa reconstruction autour de son nouveau chanteur, Edu Falaschi. L’ère séparatiste « Shaaman » semble appartenir au passé, et la créativité a finalement repris le dessus. Passionnés d’histoire et en particulier de celle du Moyen-âge, les Brésiliens nous emmènent sur les traces de Saint-Thomas d’Aquin et de ses études sur la connaissance intellectuelle et le psychisme. Mais qu’on ne se méprenne pas, «Aurora Consurgens » n’est en rien un concept-album. D’ailleurs, l’ambiance qui en émane n’est pas tellement éloignée du metal progressif et puissant de Fates Warning et surtout des Allemands de Vanden Plas. Le son, à la fois tranchant et épuré, est le fruit du travail du producteur Denis Ward.
Alliant tradition et modernité, Angra, fidèle à sa réputation, ouvre les hostilités par un titre ultra speed, mais inévitablement mélodique. « The Voice of Commanding you » est plus ramassé et donne l’occasion à la paire de guitaristes Loureiro/Bittencourt de se consacrer à l’art du duel à la six cordes. Imprimé sur un mid tempo diablement bien maîtrisé, « Ego Painted Grey » s’illustre par des grattes bien plus lourdes. Tandis que le refrain de « Breaking Ties » est franchement hard FM, « Salvation Suicide » mobilise plutôt l’artillerie lourde et rappelle, sous certains aspects, le « Walls of Jericho » de Helloween. Les autres titres s’enchaînent judicieusement, à tel point qu’on en oublie presque qu’Angra est un groupe à peine sauvé de la tourmente. D’ailleurs peu de métalleux croyaient encore en l’avenir des plus dignes représentants du Brésil, après Sepultura et Soulfly. C’est André Matos qui doit se mordre les doigts. Sa riposte devra être solide face à un « Aurora Consurgens » qui sent bon l’harmonie et le renouveau.

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