Cadet des neuf enfants de Luther Allison, Bernard est aujourd’hui âgé de 40 ans. Il est également le seul fils qui soit parvenu à trouver sa propre voie dans le sillon tracé par le paternel. En 1989, il rejoint son père dans son repère de Saint-Cloud, près de Paris. Il n’aura alors de cesse d'allumer les scènes européennes et américaines jusqu’en 1999, année au cours de laquelle il choisit de retourner se fixer outre-Atlantique. Son premier album, "The next generation", remonte à 1990. A l’instar de "Higher power", son précédent elpee, "Energized" est paru chez Ruf. Bernard a bien entendu hérité du savoir-faire et du talent de son père. Pourtant, on ne peut pas dire que Bernard se soit contenté de copier son style. Faut dire qu’au cours de ses jeunes années, il a tout d’abord été marqué par un certain Jimi Hendrix. Et que dans les années 70 et 80, ses influences majeures sont devenues Winter et Stevie Ray Vaughan. En injectant une solide dose de funk dans son blues, Bernard est parvenu à créer un style très singulier.
"Energized" a été enregistré ‘live’, en Europe. Et très exactement au MUSA de Göttingen, en Allemagne. Le 20 octobre 2005. Pour la circonstance, il est soutenu par Mike Vlahakis aux claviers, Jassen Wilber à la basse et Andrew Thomas à la batterie. Ce double album aligne seize plages dont cinq instrumentaux. Allison chante deux de ses compos et reprend cinq titres de son père.
Signé Bernard et Boney Fields, "Another ride in the city" ouvre l’elpee. Une synthèse parfaite de son style qui agrège blues, rock, jazz et funk. Il attaque ensuite un solide shuffle issu de son dernier album, "It's a man down here". L'homme possède une voix chaleureuse et puissante. Vlahakis est passé judicieusement au piano électrique, avant que le boss ne décide de sortir de sa réserve. Mike termine sa besogne sur l'orgue pendant que Bernard balance ses premiers décibels. Durant près d'un quart d'heure, Bernard s'attaque à une des meilleures plages écrites par son père : "Bad love". Un blues lent, très électrique, bourré de feeling. La version est de bonne facture, mais le jeune artiste véhicule moins d'émotion que le regretté Luther. Il épingle ensuite deux autres titres issus de l'album "Higher power" : "A woman named trouble". Et une jolie ballade signée Luther : "Into my life". Notre quartet s'aventure ensuite au cœur d’un solide et long (NDR : 10’ !) exercice de style funky : "Too many women". Une autre compo signée Luther qui figurait sur l’elpee "Here I come". Un morceau caractérisé par une remarquable envolée opérée par le bassiste Wilber. Cette première plaque s’achève par "The way love was meant to be", une jolie ballade bluesy marquée par une splendide envolée sur les cordes. Le meilleur moment de ce disque. Le second CD s’ouvre par trois instrumentaux. Tout d’abord "The walk", un long périple conduit par la slide. Un délire absolument génial se développe sur le Bo Diddley beat. Bernard ne parvient plus à faire taire cette slide qui finit par aboutir au thème traditionnel "Step down" (NDR : qui sonne très "Amazing grace"). Et enfin "Talking guitar" au cours duquel l'artiste prend un malin plaisir à faire bavarder sa guitare tout en se divertissant sur le thème de "When the saints go marching in". Ballade rock, "Snake bit again" sied parfaitement au jeu et au chant de Bernard. Tramée sur fond d'orgue Hammond, cette compo lui permet une nouvelle fois de se libérer sur les cordes. Et le résultat est surprenant ! Il reprend ensuite et pour la dernière fois une compo de son père : "A change must come". Une lente et douce ballade au cours de laquelle Bernard parvient à faire passer son message empreint d’émotion… La suite vaut également le détour. Et je pense tout d’abord à "Tone cool". Tout en empruntant des accents exotiques, ce morceau observe une excellente ligne mélodique. Bernard se sent inspiré par le grand Carlos Santana. Il dispense de nombreuses notes sur fond d'orgue. Superbe ! En fin de set, "Don't be condused" offre une grande liberté d’action aux différents instrumentistes, toujours aussi soudés, nonobstant près de deux heures de concert. "I just came back to say goodbye" clôt la prestation. Bernard se rappelle qu'il écoutait, dans sa jeunesse, une plage très rock, sur laquelle il pouvait crier son chant à la manière d'un Johnny Winter au sommet de sa forme…

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