Joe Bonamassa est originaire de l'Etat de New York. Un très jeune guitariste qui est monté sur les planches, à l’âge de 12 ans. Il s’est ainsi produit en première partie de BB King qui en fut, parait-il, fort impressionné. Ce dernier n’hésita alors pas à le qualifier de jeune prodige ou de ‘légende en devenir’! Joe commet son premier album en 1999 : "A new day yesterday", un opus produit par Tom Dowd. D'autres suivront, tel "Blues de Luxe", paru en 2003 (NDR : l’année du blues !) Son dernier elpee, "Had to cry today", remonte à 2004 ; mais depuis le label Provogue a décidé de rééditer toute sa discographie. Dernièrement, Bonamassa a été intronisé comme membre de la vénérable Blues Fondation.
Ce nouvel opus a été concocté sous la houlette de Kevin Shirley (Led Zeppelin, Black Crowes, Aerosmith). Pour la circonstance, Joe est soutenu par Rick Melick aux claviers, Carmine Rojas à la basse et Jason Bonham - le fils du regretté John du Led Zeppelin - aux drums, bien sûr.
"High water everywhere" ouvre la plaque sous les meilleurs auspices. Une compo écrite, il y a plus de 60 ans, par le mythique Charley Patton. Un traitement rockin' blues a été administré au chant du Delta. Une chanson qui relate la crue dévastatrice du Mississippi qui s’est produite en 1927. Joe fait ici, vous vous en doutez, une allusion à peine voilée au récent cyclone Katrina, responsable de la destruction d’une bonne partie de la Nouvelle Orléans. Son chant est grave, respectueux. Il n’en remet pas une couche. Sa guitare épouse le timbre de sa voix. Il libère progressivement de petits flots de notes, pendant que la section rythmique accentue ce ton volontairement dramatique. Il aborde son "Bridge to better days" dans son style bien à lui : du hard rockin' blues bien solide, sans pour autant s’embourber sur terrain lourd. Le chant peut rappeler celui de Paul Rodgers, un vocaliste qui militait naguère chez le Free. En outre, il bénéficie du concours d’un pote : Pat Thrall. Guitariste expert, il a longtemps côtoyé Pat Travers. Une histoire qui date quand même de plus de vingt ans. Slow blues assez sirupeux, "Asking around for you" est cuivré à la manière de BB King. Une technique que le maître adoptait régulièrement dans le passé. Mais si la démarche peut effectivement s'identifier à celle du glorieux bluesman de Memphis, elle évolue cependant dans un registre plus proche de Gary Moore que du vénérable King. Joe persévère dans le blues lent, mais sous une forme plus classique, pour interpréter le notoire "So many roads", une compo immortalisée autrefois par Otis Rush, un des fleurons du Chicago Westside. A moins que ce ne soit par l'Anglais Peter Green, qui en fit une excellente version sur l'album "Hard road" des John Mayall's BluesBreakers. D’ailleurs, en injectant une bonne dose de réverbération dans le son, il se révèle davantage disciple de Green que de Rush! En outre, sa voix libère tellement d’émotion ! "I don't believe" est un titre que j’apprécie tout particulièrement. Une plage écrite en 1956 par Don Robey et reprise par le brillant Bobby Bland. Le Bonamassa Quartet l’exécute de manière directe, primaire, sans le moindre artifice ; et c'est sans aucun doute la meilleure recette. Issu de la plume de Ry Cooder, le très sudiste "Tamp em up solid" manifeste beaucoup de sobriété et de douceur. Une plage qui se mue ensuite en hommage à Django Reinhardt. Intitulée explicitement "Django", elle est abordée à la manière d’un Jeff Beck des bons jours. Le son réverbère pas mal d’écho. Une recette adoptée déjà par Jeff, au cours des années 60, lorsqu'il enlevait sa version du Boléro de Ravel. Jason Bonham a hérité de son père le don exceptionnel de marquer le tempo. Se sentant si bien soutenu, Joe s'attaque à un chef d'œuvre de Led Zeppelin : "Tea for one" (NDR : commis sur l’elpee "Presence"). Plus de neuf minutes au cours desquelles il se complait à jouer les rôles de Jimmy Page et de Robert Plant (NDR : il se montre cependant bien plus efficace dans la peau du premier). La cover du "Your funeral and my trial" de Sonny Boy Williamson II n’est pas très conventionnelle. Melick siège derrière son orgue tandis que sort de l'ombre la frêle silhouette de LD Miller, un gamin de 12 ans, qui souffle comme un possédé dans son harmonica. Cet opus de bonne facture s’achève par "Torn down". A l’instar du début de l’album, il s’inspire du sud profond. Avant de virer au boogie collectif…

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