The Blue Voodoo (Delta Acoustic Blues Band) nous vient de Vancouver, au Canada. Une formation drivée par les chanteurs/guitaristes Ted Tosoff et Rick Dalgarno. Un line up complété par le drummer black Chris Weekes et le bassiste Daniel Ross. « Sparkle and shine » constitue leur deuxième opus ; il fait suite à "Ride", paru en 2003. Le Blue Voodoo pratique un blues rock teinté de roots music. Un style bien américain, à la fois rafraîchissant et original. Les quatre musiciens chantent. Leurs timbres sont sensiblement différents. En outre ils se partagent toute une panoplie d'instruments. La production est judicieuse et permet de découvrir un monde musical souvent très personnel. Si le blues est omniprésent, parfois même classique, dans un registre qui oscille du Delta à Chicago, les références roots sont incontestables, lorgnant le plus souvent vers Little Feat ou The Band.
Dès le premier titre, la formation plante le décor et s'engage sur les pistes bien poussiéreuses du Sud. Superbe entrée en matière, "Walkin' shoes" est balayé par la slide acoustique de Rick. Le chant est bien posé, puissant. Bryon Tosoff a apporté son concours au piano. Une compo qui évolue dans un registre proche d'Elmore James, lorsqu’il était encore biberonné par son Mississippi natal. La même équipe s’attaque à "In the end", une ballade très roots, plutôt folk. Les instruments acoustiques dominent inévitablement leur sujet ; et en particulier les guitares à six et douze cordes. Elles se conjuguent sur des chemins qui mènent à la Nouvelle Orléans, pendant que le piano roule. Les deux guitaristes abordent "Like it that way". Toujours sous une forme acoustique, nonobstant l’intervention toute en subtilité des percus de Weekes. Incontestablement, "Railway blues" plonge dans l’univers étrange et syncopé de Little Feat. Plutôt écrasants, les percussions et le djembé de Chris évoluent à l’avant-plan. Rick et Ted chantent à l'unisson. Au sein de cet univers sonore en expansion, les guitares éclatent de partout. "Full circle" observe une démarche semblable ; mais avec davantage de simplicité. A cause des sonorités limpides du dobro et puis de l’orgue dispensé par Ted. Les trois comparses chantent cet hymne du Sud. Ils s’échangent questions et réponses, sous une forme presque tribale. Et le résultat est excellent! Le trio s'enfonce dans le pays des bayous pour implorer le vaudou. Un "Voodoo man" au cours duquel les musiciens troquent leurs instruments : guitares, claviers, harmonica. Un cocktail sonore qui rayonne au contact du timbre d'outre-tombe de Papa Slim. Magique ! Ted Tosoff chante le titre maître. Un morceau au cours duquel énergie, électricité et rock'n'roll font bon ménage. De sa voix nasillarde, Ted interprète "Come Tom baby", un blues lent presque classique. Rick se réserve la slide. Dan et Chris échafaudent une base rythmique particulièrement solide. Episodiquement, un dobro, un orgue, un djembe ou un harmonica font leur apparition."Goddam thing" emprunte un riff stonien. Don Ross (le bassiste !) a empoigné la guitare solo ; mais ce sont les cordes acoustiques qui prennent le large. Superbe ! La voix de Chris a pris une intonation plus grave, ténébreuse, pour affronter "Today", une ballade roots rock quasi pop. La voix rocailleuse de l'énigmatique Papa Slim revient hanter "Wake up", un morceau imprimé sur un Bo Diddley beat. Cet elpee de très bonne facture s’achève par "Tower of love". Le dosage entre blues et roots s’avère toujours aussi savoureux. Les voix et les guitares ne demeurent jamais en place. Et si vous voulez assister à un set de Blue Voodoo, sachez qu’ils ouvriront leur tournée ce 27 janvier à Leiden, aux Pays-Bas…

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