Aurora ‘Rory’ Block est née en 1949. A Princeton, dans le New Jersey. Elle a passé sa jeunesse et son adolescence à New York, dans les quartiers branchés de Soho et de Greenwich Village, où elle a pu prendre part au mouvement folk qui a marqué les années 60. Ce qui lui a permis de côtoyer des artistes comme John Sebastian, Maria Muldaur ou encore Stephan Grossman; mais également des grands noms du blues rural et primaire tels que Mississippi John Hurt, Skip James, Son House et Reverend Gary Davis. C’est à cette époque qu’elle a procédé à son immersion dans le blues traditionnel, expression qu’elle n’a depuis plus guère quittée. Elle est demeurée fidèle, durant une vingtaine d'années, au label Rounder, pour lequel elle a concocté de nombreux albums (NDR : le premier, "High heeled blues", est paru en 1981). Au cours des dernières années, Rory a décroché la bagatelle de quatre WC Handy Blues Awards. Depuis "Last fair deal", paru en 2003, elle est passée chez Telarc, pour lequel elle a encore commis "From the dust" en 2005. Son dernier projet remonte à l'année dernière. Un opus consacré à Robert Johnson, au cours duquel elle a pris le soin de respecter l'esprit du légendaire musicien, en épousant la tradition du Delta Blues. Faut dire qu’elle a été surprise et en même temps ravie d’apprendre que Johnson n'était pas parti sans descendance. Un fils, des petits-fils et des arrière-petit-fils vivent ainsi dans le Mississippi. Sur l’image de la pochette de cette nouvelle œuvre, derrière l'énigmatique Rory, on aperçoit le sourire espiègle d'un jeune noir. Il s’appelle Richard Johnson et ressemble étrangement à son bisaïeul…
Rory attaque le canon du blues "Cross Road blues", une pointe d'agressivité dans la voix. On reste pantois devant la technique, le talent et l’assurance manifestés à la slide par cette femme si respectueuse de ce blues d'avant-guerre, vieux de soixante ans déjà. Elle embraie par "Preaching blues". Le bottleneck suit à la trace les interventions vocales plutôt assez âpres. Miss Block retrace la mythique épopée du génial Robert, en treize chapitres. Un prestigieux défilé, au cours duquel se succèdent "Walking blues", "32-20 blues", "Terraplane blues", "Me and the devil", "Come on in my kitchen", et "If I had possession over judgement day". Rory a fort bien saisi la complexité du jeu de Robert. Bien sûr si elle n'est certes pas la première à dépoussiérer le répertoire extraordinaire de ce personnage trop tôt disparu ; mais elle accomplit sa mission avec une passion jamais prise en défaut…

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