Jamais à court de concepts étranges à transférer sur disque, le duo électronique américain a cette fois-ci décidé d’enregistrer un disque sans utiliser de micro. Tous les sons de « Supreme Balloon » sont donc générés par une batterie de synthétiseurs de toutes les époques, qui rendront jaloux les collectionneurs. Du Moog au Arp en passant par le Coupigny (vieux synthétiseur de l’I.N.A. utilisé par les compositeurs de musique concrète), les instruments de culte ne manquent pas.
Les sept pièces musicales (dont une dépasse les vingt minutes) réunies sur ce « Supreme Balloon » convient l’auditeur à un voyage décalé dans un monde un peu grotesque et désuet. Les hostilités débutent par « Rainbow Flag », une sorte de bossa moqueuse et flasque traversée de sons ‘bruissants’. Dans le même style, « Les Folies Françaises » pastiche les travaux de Wendy Carlos, pionnière du Moog dont les adaptations de Bach ont été largement utilisées par Kubrick dans Orange Mécanique. Moins anecdotique, « Mister Mouth » est rehaussé par la présence de Marshall Allen (Sun Ra Arkestra) à l’‘Electronic Voice Instrument’ (un oscillateur vocal). Cette pièce évoque les travaux décalés de Mr Oizo. Une espèce de funk futuriste qui part dans tous les sens, mais aussi un des sommets créatifs de l’album. Le titre maître s’étale sur plus de vingt minutes. Il semble avoir été conçu pour illustrer un documentaire. Guère passionnant, il soulève cependant la question de la vie extra-terrestre.
A l’atterrissage, l’album séduit plus par la qualité indiscutable de la recherche sonore du duo que par la qualité des titres proposés. Hormis l’un ou l’autre morceau (« Polychords », « Cloudhoppers »), il ne suscite guère d’intérêt. Et si vous êtes patients, après dix minutes de silence, vous avez encore droit à un bonus track. Une sorte de titre house dont le traitement dub est finalement assez convaincant…

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