Fondé en 1991, Double Stone Washed est issu du Sud Ouest de la France. Des adeptes du rockin' blues ou plus exactement du pub rock des seventies ; un style magnifié autrefois par Dr Feelgood. La rencontre entre ce genre musical et le punk rock de la fin des 70s allait déboucher sur la naissance d'excellentes formations comme Eddie & the Hot Rods, Nine Below Zero, les Inmates ou encore Little Bob Story. Et il ne fait aucun doute que les D.S.W. se sont inspirés de ce courant. Réservé à des compositions maison et emballé sous une pochette en jean délavé, leur premier opus, "Take it", est paru en 1994. En 96, ils commettent leur deuxième elpee : "Live at the Bateau Ivre". Il faudra patienter jusqu’en 2001 pour retrouver la trace d’un enregistrement. Ce sera à l’occasion de leur participation à la collection "Tribute to Lee Brilleaux". Un an plus tard, ils éditent enfin un nouvel opus : "Don't stop washing". Un disque concocté sous le patronyme de Double Stone Washed Blues Band qui épingle de nombreux standards du blues. Enfin, en 2004, ils ont immortalisé leur set accordé en public, au Festival blues de Traverse. A Cléon, en Normandie. En supporting act de Ten Years After. Un brûlot gravé sur cette plaque.
Sur scène, le line up implique le chanteur/harmoniciste Lilian Descorps, les frères jumeaux Franck et Frédéric Villafagne, respectivement à la guitare et à la basse ainsi que le drummer Julien Bigey. Episodiquement, Laurent Chêne (NDR : le manager !) se fond dans les chœurs. Enfin, quand il le sent bien! Les Double Stone ne font pas dans la (fine) dentelle. Ils ont une pêche d’enfer. Leur rockin' blues est sans compromission.
Franck attaque nerveusement ses cordes sur le devant de la scène. Rivé derrière son micro Lilian éructe puissamment ses vocaux ; mais dès qu'il relâche l'attention, Franck se libère. Très rythmique, les deux compos d'ouverture, "Stammering days et "Come on in my house" (NDR : elles sont signées par le groupe !) plantent définitivement le décor. En effet, dès que Lilian souffle dans l'harmo, nous entrons de plein pied dans l’univers pub rock. Proche d'un Doctor Feelgood ; mais en plus puissant, en plus implacable. Plus intéressant encore, lorsque la machine imprime un tempo boogie, rien ne semble pouvoir l'arrêter. A l’instar de "Well I done got over it", une compo au cours de laquelle on a l’impression que tous les musiciens sont en surrégime. Fervents adeptes des Pirates du gratteur Mick King, ils attaquent le redoutable "Shakin' all over", un titre que jouait jadis (NDR : n°1 en 1960 !) King, lorsqu’il secondait le rocker Johnny Kidd. Fred se démène comme un beau diable, en injectant le maximum d'écho dans ses cordes. Le rythme file à toute allure pour la cover du "Hong Kong Money" de Dr Feelgood, époque Gypie Mayo. Les D.S.W. sont vraiment à leur affaire lorsqu'ils rockent et rollent. Et ils déménagent littéralement quand ils reprennent le "Travellin' band" du Creedence Clearwater Revival. Le Double Stone Washed me rappelle Count Bishops, un groupe anglais méconnu qui a sévi à de la fin des 70s. Leur line up impliquait deux guitaristes (Zenon De Fleur et Johnny Guitar) ainsi que le chanteur Dave Tice, dont la voix grave est fort semblable à celle de Descorps. Nos Sudistes ( ?!?!?) ont atteint leur (folle) vitesse de croisière. Lilian s'époumone sur son harmo pour balancer le "Parchman farm" de Mose Allison, une plage qui emprunte au détour le Bo Diddley beat. Frank se met dans la peau de Mick Green pour interpréter "Quit while you're behind", un morceau signé Will Birch et bien sûr enregistré par Dr Feelgood. Le combo ne desserre jamais l’étreinte, emportant tout sur son passage, dont le "Witch queen of New Orleans" de Redbone, une version super speedée du "Drinkin' wine spoo-dee-oo-dee" de Brownie McGhee et enfin une adaptation amusante du "The dog" de Rufus Thomas. Le rock'n'roll blues de Double Stone Washed est rude. Mais ce type de formation est nécessaire ; car il apporte le bonheur au public. Et puis il déploie une telle énergie et manifeste une telle volonté de faire partager sa passion et ses rythmes, qu’il en devient un garant de l’authenticité. Lors du rappel, le combo en profite pour adresser, à travers "Call the doctor", un clin d’œil à qui vous savez. Frank se secoue alors comme Wilko Johnson pouvait le faire trente ans plus tôt…

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