Ce disque s’apparente à un miracle. Enregistré de novembre 1976 à février 1977, entre l’Ohio et la Californie, il sort officiellement dans les bacs en... 2006. Cette longue période de gestation mérite qu’on s’y attarde. Flash-back. Retour dans les seventies : le jeune Mark Fosson n’a pas vingt ans. Et déjà, il s’use les doigts sur les cordes de sa guitare, vénérant John Fahey comme on brûle des cierges à la Sainte Vierge. Au bout d’un moment, il se décide à envoyer ses démos chez Takoma Records, dont le propriétaire n’est autre que John Fahey. Les plages instrumentales composées par le jeune homme naviguent entre mélodies acoustiques et folk traditionnel. John Fahey craque, décide de produire le disque et de le signer sur son label. En 1977, l’album de Mark Fosson est achevé : magnifique, singulier. Mais, dans un même temps, Takoma Records essuie de terribles soucis financiers. En mars, à la stupéfaction de Mark Fosson, la nouvelle tombe : Takoma records glisse la clef sous la porte. Terminé, fermé.
Pendant près de trente ans, le disque de Fosson moisira dans les caisses de cette triste faillite. Heureusement, par la grâce du label Drag City, il resurgit aujourd’hui des méandres de l’histoire. Rationnellement intitulé « The Lost Takoma Sessions », l’album met en lumière le talent incontestable d’un artiste incroyable. Le jeu guitaristique du musicien n’a pas pris une ride. Pas une. L’injustice a donc frappé ce garçon de plein fouet, participant à écrire un des chapitres les plus vibrants de la musique folk. Passer à côté de ce disque, c’est oublier la légende. Et oublier les légendes, c’est se résigner. Alors, surtout, ne jamais se résigner. Tout vient à point...

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