Drivée par le chanteur Chris Gaffney et le chanteur/guitariste Dave Gonzalez (NDR : ex-leader des Paladins), cette formation est née en octobre 2003. Elle pratique de la western soul, c'est-à-dire le fruit d’un mélange entre country et vieux R&B. Leur premier elpee est paru en 2004. Un disque enregistré à Tucson, en Arizona. Ces Californiens y sont retournés pour mettre en boîte ce nouvel opus. Pour la circonstance, Chris et Dave sont soutenus par David Berzansky à la pedal steel guitare, Hank Maninger à la basse et Dale Daniel à la batterie. Au cours des deux dernières années, ces musiciens ont accordé plus de trois cent concerts, une expérience qui leur a permis de se forger un son bien personnel.
L'album s’ouvre par une ballade bien country. Dès l’intro on reconnaît le phrasé de guitare de Gonzales. La steel guitar est particulièrement expressive tout au long de cette bien jolie plage roots, interprétée d’un timbre chaleureux, grave et pur par Chris Gaffney. Invité de marque, Joe Terry se réserve la plupart des parties d'orgue Hammond et de piano sur cet opus. Caractérisée par une mélodie généreuse, le titre maître est absolument superbe. La voix de Gaffney brûle comme le soleil de l'Arizona. Il n' y a guère d'ombre au pied des cactus géants. La steel guitare surchauffe et laisse suinter quelques petits filets sucrés, tout en libérant énormément de tristesse et d'intensité. "Keep it together" marque un changement radical de style. La voix de Gonzales est davantage rebelle. Le rythme bien plus alerte. Pourtant, il n’est guère question ici de rockabilly à la Paladins, mais de soul contagieuse d'excellente facture. Dave se réserve un solo étincelant, une performance immédiatement talonnée par la steel guitar de Berzansky. Opérée par Dann Penn, la mise en forme est parfaite. Un personnage illustre, auteur, il y a bien longtemps, du fameux succès des Box Tops d'Alex Chilton : "The letter". Pour cet elpee, il signe deux chansons. Tout d’abord "Cry like a baby", une superbe compo qui ressemble étrangement à "The letter". Nerveuse, trempée dans la soul, cette plage bénéficie du concours de choeurs et puis de l'accordéon de Gaffney. Ensuite, une ballade country qui touche au sublime : "It tears me up". Chris la chante d’un ton grave face à l’orgue et la lap steel. Un instrument sur lequel Berzansky irradie "The last time" de toute sa classe. Et les perles s’enfilent. A l’instar du remarquable "Life's little ups and downs". "If daddy don't sing Danny Boy" nous plonge au sein d’une atmosphère différente. Dave joue de la baritone guitare sur cette cette ballade folk bien rythmée qui évoque un certain Dylan. Même l'intonation vocale de Gaffney rappelle le vieux Bob. Gonzales se souvient qu’il a vécu à San Diego. A quelques miles de la frontière mexicaine. Il imprime un tempo latino à "Rebound", nonobstant le piano sautillant de Terry, l'accordéon et les cordes enfin débridées du beau Dave. "Cowboys to girls" baigne au sein de la même ambiance. Soutenu par des chœurs, Chris chante, d’une légère pointe latin-soul dans le timbre. Dave Gonzales reprend une dernière fois le rôle de vocaliste pour attaquer son "Different today" qui évolue dans un style purement country. De très bonne facture, cette plaque n’émarge ni au blues ni au rockabilly, mais à la western soul. Mais une western soul particulièrement brillante et esthétique. A l’instar de la plage instrumentale qui achève ce disque : "Son of Saguaro" ; un morceau qui pourrait servir de bande sonore originale de film pour un western!

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