Alias Jawbone, Bob Zabor est issu de Detroit, la Motor City. Un ‘one man blues garage punk band’, une définition qui correspond bien au personnage. Dont le style sauvage, primaire, caractérisé par un son garage, libère une fameuse dose d’énergie punk. Bob définit sa musique comme du ‘post-last war pre-next war blues’. Ce qui ne veut pas dire grand-chose. La toile de fond appartient pourtant bien au blues. Il avait commis un premier album en 2003 : "Dang blues", un opus qui avait attiré l’attention du célèbre et regretté DJ anglais, John Peel. Cette situation allait lui permettre de signer sur le label anglais Loose Music responsable de la distribution de ce premier elpee ; et puis d’un second deux ans plus tard : "Hauling".
L’homme-orchestre ne se prend pas trop sérieux. Il se secoue pour créer ses propres percussions. Sa voix est directe, très présente, nullement sophistiquée. Il joue nerveusement de sa guitare déjantée. Son harmonica hurle à la première alerte. Dès les premiers accords de son "Dose of powder", nous entrons de plein pied dans l'univers chaotique de Jawbone. Il ne s’accorde guère de répit tout en célébrant son mal être à tue-tête. Des cris furieux traversent "Doney holler". L'harmonica détonne. Un peu comme si Sonny Terry avait fumé une bonne partie de la moquette. C'est pourtant le 'whoopin' sound’ de ce dernier qui définit la référence de cette attaque en règle. L'artiste ajoute - mais est-ce encore possible ? - une dose de fureur et martèle son bottleneck pour livrer un puissant "Bullcat", un delta blues psychotique! Parfois, Jawbone concède l’une ou l’autre compo plus abordable. Et je pense tout particulièrement à "Jump jump", un instrumental magnétique, irrésistible, dynamique et participatif. Au cours de cette plage il démontre qu’il est un musicien habile et doué. Signé Roger Miller, l'excellent "Chug a lug" est de la même veine. Il y manifeste l’enthousiasme qui hantait les Stones originels, mais sur le rythme d'un Jimmy Reed dopé! Il peut également manifester de la tendresse. Et notamment lorsqu’il chante "John said" en s’accompagnant à la guitare acoustique. Il l’interprète comme un vieux bluesman devant son pavillon minable et poussiéreux du Mississippi, d’une voix de fausset, plus proche de Mick Jagger que de Muddy Waters! Son côté primaire est chez lui un gage d'authenticité. Il pourrait pénétrer dans n'importe quel juke joint de Clarksdale et y mettre le feu à l’aide de son bottelneck. A l’instar du savoureux "Trouble on my doorstep". Mais toute l’intensité manifestée par ce musicien éclate dès qu'il met un pied dans son garage. Faites le plein d'oxygène avant d'écouter des brûlots comme "Long dang discount Jesus teenage blues" ou encore le boogie métallique à la simplicité désarmante, "Saucy sauce". L’excitation y est à son comble. Personnellement, je me passe en boucle le monstrueux "Reap what you sow". Et je ne suis pas encore repu…

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