Ce jeune chanteur/guitariste canadien est aujourd’hui âgé de 27 ans. Ses débuts remontent à 1999. Année de la sortie de son premier elpee, "JW Jones Blues Band". Un an plus tard, il est signé par le label local Northern Blues Music, pour lequel il enregistre l'impeccable "Defibrillatin'". En 2002, il concocte "Bogart's bounce", un opus pour lequel il reçoit la collaboration de Kim Wilson et de Gene Taylor, alors impliqués au sein des Fabulous Thunderbirds. On retiendra encore la sortie de "My kind of evil", en 2004, un elpee produit par Mr Wilson en personne. Faut dire que ce dernier était tombé sous le charme du talent de ce jeune artiste et souhaitait le prendre sous son aile protectrice. Et puis "Kissing in 29 days", gravé en 2006.
Pour ce nouvel elpee, JW est donc passé par les studios Living Room d'Ottawa. Il est épaulé par ses musiciens : le bassiste Martin Régimbald, le drummer Jeff Asselin et le claviériste Jesse Whiteley. Jones compte de nombreux amis. Pas étonnant qu’il ait donc bénéficié de la participation de quelques grosses pointures issues de la scène contemporaine. En l’occurrence Little Charlie Baty et Junior Watson aux guitares. Sans oublier Richard Innes à la batterie et Larry Taylor à la basse ; c’est à dire une des meilleurs sections rythmiques au monde. Celle du Hollywood Fats Band et des Hollywood Blue Flames. Excusez du peu ! Enfin, il serait injuste de négliger la présence des Wind Chill Factor Horns.
Le "Double eyed whammy" de Freddie King est une mise en bouche. Il met en exergue le trio d'enfer de gratteurs face à Taylor et Innes. Un festival de cordes. Tour à tour, chaque musicien prend son envol, en s’illustrant par son style personnel. Et si vous souhaitez en savoir davantage, je vous invite à disséquer les détails de la pochette. Baty et Watson cumulent 70 années d’histoire. Or, c’est la première fois qu’ils squattent le même studio. JW et son band se réservent six plages. Ils y démontrent toute leur cohésion tout au long de ces excellents blues. A l’instar de "Looking the world straight in the eye", abordé dans un style proche du Chicago Westside. Jones chante d’un timbre particulièrement juvénile. Sa guitare est flamboyante, empruntant tour à tour à Albert et BB King, ainsi qu’à Otis Rush. Brillant! "Can't play a playboy" campe un blues rock simple mais entraînant. Un shuffle terriblement efficace. Plus R&B circa Memphis, "Somebody's got to burn" est hydraté par un orgue de circonstance, pendant que les petites lignes sont tracées à la manière d’Albert King. Plutôt blues/rock, "The doctor" est dynamisé par le piano versatile de Whiteley. Elégante compo soul blues, "Silent treatment" est éclaboussée par les interventions de Whiteley sur son clavier. Et le spectre de Freddie King hante l'instrumental "Bogart bounces again". Signé Richard Berry (NDR : c’est lui qui avait écrit le célèbre "Louie Louie"), "Mad about you" baigne dans le pur rock'n'roll fifties. Un morceau saignant, découpé par le saxophone dévastateur de Franck Scanga. Watson assure la rythmique sur "Wasted life", un blues plus relax, au cours duquel, Baty tire son épingle du jeu. Autre instrumental, "Heavy dosage" fait la part belle au jazz swing. Le tempo est rapide ; mais on assiste surtout à une orgie de cordes au cours de laquelle chaque acteur est placé, à tour de rôle, sous le feu des projecteurs. Et notamment Junior Watson, préposé à la basse acoustique. "That's wrong little mama" a été composé par le grand BB King. Charlie et Junior en profitent pour rivaliser dans le style avec le maître. Et Jones de puiser aussitôt au sein du répertoire de BB. Lors de la version du "Waiting on you", il est seul à la gratte. Et il démontre qu’il a manifestement assimilé le style de la légende vivante du blues. Aussi bien les silences que les notes bien senties. Tout au long d’"Out of service blues", un blues lent très swamp, Charlie Baty joue –curieusement, mais fort bien– de l'harmonica, face aux cordes déjantées et complexes de Watson. Le tempo ralentit pour "Tickets on yourself". Les gratteurs s'amusent comme des petits fous ; mais on y détecte immédiatement les interventions de Watson. Excellent !

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