« Lords Have Mercy » : il y a quelques mois on priait le Saint-Rock’n’Roll qu’il sauve notre âme, dévergondée à force d’écouter gueuler Jake Cavaliere et ses amis bikers, baptisés « Lords of Altamont » dans un hommage douteux aux Stones et à leurs potes des Hell’s Angels. 1969, fin de la mythologie hippie : après le drame d’Altamont, plus rien ne sera jamais pareil. 2006, Fargo réédite le premier album des Lords, sorti il y a quatre ans sur le label Sympathy For The Record Industry. La bonne nouvelle ? C’est qu’il n’y en a pas, puisque les Lords of Altamont ne savent rien faire d’autre que jouer du rock garage à fond les manettes, sans regarder dans leur rétroviseur. C’est là qu’on distingue un bon groupe de rock garage d’un mauvais groupe de rock garage : le bon groupe de rock garage ne se renouvelle pas, et se fout bien des modes et du temps qui passe inexorablement. Le mauvais groupe de rock garage ne se renouvelle pas non plus, sauf dans la médiocrité. Nuance. So quid ? Eh bien si vous aimez les Sonics et les Cramps, vous aimerez les Lords of Altamont, qui manient avec entrain l’orgue et les guitares fuzzzzzzz. Dans le cas contraire, passez votre chemin : de toute façon les Lords n’en ont rien à caler, ils vivent dans un monde où les iguanes chantent et les prunes sont électriques.

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