Le petit Ed Williams est né dans le Chicago Westside. En 1955. Instruit par son célèbre oncle, JB Hutto, il joue de la guitare depuis l’âge de douze ans. Il fonde en compagnie de son frère Pookie, la première incarnation des Blues Imperials. En 1975. Le combo se met alors à fréquenter tous les clubs du Westside. Sauvage, leur musique parvient aux oreilles de Bruce Iglauer, le boss d'Alligator. Il leur offre une session de studio. En trois heures, ils mettent en boîte trente chansons. Et concrétisent cet effort sur l'elpee "Rough housin", qui sort en 1986. Le petit homme est alors occupé de ressusciter le fantôme de Hound Dog Taylor et de ses Houserockers. Sa notoriété commence à croître. Il se produit désormais dans les salles de concert aux USA et à l'étranger. Les deux albums suivants sont très bien accueillis par la critique : "Chicken, gravy & biscuits" en 1989 et "What you see is what you get" en 1992. Mais Lil' Ed décide alors, d’une manière surprenante, d’arrêter son aventure musicale pour se consacrer à sa famille. Il faudra donc attendre 1998, pour qu’il opère son retour. Et commet déjà un nouvel opus l’année suivante : "Get wild", une œuvre suivie par "Heads up!", en 2002.
Pénétrer dans le monde de "Rattleshake" est un acte redoutable et dangereux. Pas question de compromission ! Puissante, débridée, la slide rugit instantanément, tel un animal blessé. Mais son maître, Lil' Ed, parvient à la dompter, même si ce numéro est parfois périlleux. Signée Holland-Dozier-Holland, trio qui a fait les beaux jours de la Tamla Motown, "Leaving here" met déjà nos enceintes à feu et à sang ! Juste avant d’entrer dans le blues de "Tired of crying". En toile de fond, le piano est bien distinct. Ed chante, shoute. Il ne fait qu'un avec son instrument qui crache constamment des flammes. Le même topo est reproduit tout au long de "Golden rule", une invitation à se secouer devant la scène. Ed y libère ses notes par courtes phrases nerveuses et saccadées. Le tempo ralentit pour "You weren't just there" ; mais l’exécution demeure toujours aussi primaire, directe, âpre. Il chante et joue face à un orgue Hammond. Ses cordes son largement amplifiées. Elles hurlent dans le décor sonore. Nous ne sommes d’ailleurs pas tellement loin de ce que pouvait accomplir, dans les mêmes studios, le regretté Son Seals. Et notre Ed de rock'n'roller de la plus belle des manières en attaquant le galopant "Icicles in my meatloaf". Soutenu par la trame rythmique infernale des Blues Imperials, il se déchaîne sur la slide. Un véritable rouleau compresseur écrase tout sur son passage. Des cris déchirants et inhumains nous retournent les tripes! "Broken promises" est un bon Chicago shuffle. Le jeu d’Ed est à haut niveau. La compo débute sur un mode mineur avant de monter progressivement en puissance jusqu'à l'explosion finale. Son second guitariste James Young a composé deux plages : "Maybe another time" et "Spend some time with me", deux fragments qui font bien ressortir la richesse du timbre d'Ed. Ed dialogue avec la slide tout au long de "Nobody's fault but mine", un merveilleux slow blues brûlant. Elle ronronne devant la rythmique de Young qui marque au fer blanc l'appellation Chicago contrôlée. L’opus recèle deux reprises de choix. Tout d’abord le "You know you're wrong" d'Elmore James. Les accents métalliques de la slide se dressent face au barrelhouse piano de Johnny Iguana. Et puis "That's the truth". Imprimée sur un tempo vivace, cette plage a été composée par son oncle JB Hutto. En finale, "It's a beautiful world" entretient jusqu'à son terme, la folie de Lil' Ed et de ses Blues Imperials!

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