La new wave est donc bien revenue au goût du jour. Après Interpol, Editors et consorts, le virus commence à gagner les filles. Et je pense tout particulièrement à un groupe exclusivement féminin issu de l’ouest du Canada répondant au patronyme de The Organ. Leurs idoles ? Joy Division, The Cure et les Smiths (NDR : dont ils ont plus que probablement écouté l’album « The Queen is dead » en boucle). Et les deux premiers morceaux de l’opus trahissent manifestement cette fascination pour la légendaire formation mancunienne. Tout d’abord le single « Brother » qui donne le ton à l’elpee. Puis un « Steven Smith » en forme de clin d’œil à Mozz en personne. Heureusement le reste de la plaque se charge de nuances, même s’il faut regretter une certaine uniformité dans le ton. Un ton empreint d’une grande mélancolie, vous vous en doutez. Qu’entretiennent les lyrics introspectifs, parfois à la limite du morbide, chantés par le vocal blême de Katie Sketch, dont le timbre s’identifie tour à tour à Debbie Harry, Chrissie Hynde (Pretenders) ou Martha Johnson lorsqu’elle drivait les Muffins (NDR : Tiens, tiens, M.&T.M. étaient également Canadiens…) Le titre final de cette plaque, « Memorize the city » recèle curieusement un refrain aussi contagieux que celui du hit planétaire « Echo Beach », même si les sonorités de la guitare évoquent davantage Indochine période « L’aventurier ». Une sensation qu’on retrouve sur « Basement band song », nonobstant la basse ténébreuse et les claviers désuets. Les lignes de guitares peuvent également se révéler éthérées, atmosphériques. A l’instar d’un Sad Lovers and Giants. « Love, love, love » et « A sudden death » en sont les plus belles démonstrations. Enfin, imprimé sur un tempo plus enlevé, dans l’esprit du « Seventeen seconds » de Cure, « I am not surprised » concède une mélodie sombre que n’aurait pas renié Brian Molko en personne, lors de sa période la plus cold.

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