Il était une fois quatre vieux amis souhaitant former un nouveau groupe. Jack White, le premier, était un ange rouge et blanc. Touché par la grâce, le jeune homme maîtrisait son sujet préféré : le rock’n’roll. Le second, Brendan Benson, vouait une admiration démesurée aux mélodies ciselées par des formations en ‘b’. Les Beatles, les Beach Boys, les Byrds, tous, il les choyait. Les deux autres, le batteur Patrick Keeler et le bassiste Jack Lawrence, vivaient sur les rivages du lac Michigan au sein d’une tribu électrique baptisée Greenhornes. Contrairement à la légende, Patrick Keeler n’était pas un tueur, mais un honnête percussionniste. Pour sa part, Jack Lauwrence n’avait rien de féminin, mis à part des lunettes à faire pleurer Nana Mouskouri de jalousie. Réunis à Detroit, antre industriel des automobiles, les quatre garçons décidaient de faire démarrer leur projet sur les chapeaux de roue. Plutôt belle et simple, l’histoire des Raconteurs commençait alors. Enregistrant le jour, buvant la nuit, les galopins publient aujourd’hui l’aboutissement de ces délassements : « Broken Boy Soldiers ». Un album génial, débordant de décontraction et de tubes convulsifs. En tête de liste, « Steady As She Goes » passe sans mal les élections. Hit de la semaine, de l’été et plus si infinité, cette chanson et son refrain empochent toutes les voix de préférence. « Hands » demeure la poignée de main attendue et convenue entre White et Benson. L’éponyme « Broken Boy Soldiers » symbolise indéniablement l’hégémonie patentée du Stripes en chef. Capables de sorties pop aux relents soul (« Together », « Blue Veins »), les Raconteurs ne manquent pas d’afficher leur savoir-faire. Quitte à tomber dans des excès pompiers (« Level »), les garçons ne s’en laissent pas conter. L’histoire ne répétera sans doute pas. Profitons donc du moment présent, jouissons de ces chansons sans prétention. Elles sont là pour ça. Sans ambages, elles s’offrent à nous comme la plus jolie des fables. Narrateur d’un jour, Raconteurs toujours.

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