Le quatrième album de Rye Coalition a failli crever dans les poubelles du label Interscope (distribué par la multinationale Universal). Après avoir frotté la manche du groupe de Ralph Cuseglio pendant des mois, la Major était parvenue à ses fins. A savoir enregistrer ce nouveau brûlot sous la houlette d’un éminent producteur : Dave Grohl (Foo Fighters/Nirvana). L’histoire aurait dû s’arrêter là. Simple, mercantile. Mais pour d’obscures raisons, l’enregistrement est resté dans les caissons. Par la grâce du label indépendant Gern Blandsten, les douze titres de « Curses » décampent aujourd’hui sur nos platines. A coups de riffs sauvages, le quintet remet les pendules à l’heure, se frayant une place au paradis des hommes électriques. Saint AC/DC, grand patron des gimmicks décapants, veille sur ces apôtres. Dave Grohl à la batterie (NDR : youpie !), toujours prêt à gueuler comme un putois à la tête arrachée, vient ainsi prêter main forte à ses activistes de la guitare tranchante. D’emblée, « Pussyfootin’ » ouvre la voie à la machette, bousculant les Datsuns, renvoyant Wolfmother aux études. Rye Coalition a la rage aux dents. Les cheveux au vent, le groupe recherche la vitesse, la turbulence, les décharges soniques. Plusieurs réussites échelonnent ce disque : « Young Yellers », « Secret Heat », « Vietnam Veterinarian ».
En bonus, Rye Coalition nous offre un DVD retraçant la conception du disque et la fouge de ses concerts. En compagnie d’un Dave Grohl hilarant, le groupe s’invite dans notre discothèque pour une heure de rock’n’roll sans concession. Comme le suggère la pochette de l’album, l’auto-stop a du bon : en route pour « Curses » !

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