Délaissant temporairement ses Bright Eyes, Conor Oberst s’offre une seconde aventure solo. Ou presque, puisqu’il est ici accompagné du Mystic Valley Band, orchestre formé pour l’occasion. Enregistré sous le soleil du Mexique, l’éponyme du New Yorkais est une œuvre introspective qui ne s’éloigne pas drastiquement de ce qu’il nous avait pondu sur le « Cassadaga » de Bright Eyes. Dans le but de différencier ses deux projets, le roi des arrangements délicats en matière d’Americana met simplement la pédale douce sur les distos. Quelques extraits se démarquent du reste de la discographie du poète prolifique. « I Don’t Want To Die (In The Hospital) » et son piano blues ou « NYC – Gone, Gone » réveillent des pulsions alcooliques aussi bien assumées qu’inavouées tandis que « Moab », « Cap Canaveral » confirme l’étiquette de ‘jeune Dylan’ que la presse ricaine se borne à lui coller au dos à chaque publication.
Une comparaison qui s’explique également par une écriture aigre-douce qui parcourt la plupart des travaux d’Oberst et dont il fait à nouveau grand usage sur son dernier recueil. On se surprend d’ailleurs à prêter une oreille attentive aux textes raffinés de « Milk Thistle », « Sausalito » ou « I Don’t Want To Die In The Hospital ». « Conor Oberst » n’atteint cependant pas l’éclat instantané de « I’m Wide Awake, It’s Morning » (Bright Eyes, 2005). Il est alors légitime de s’interroger sur les éléments censés différencier cette plaque de la discographie de Bright Eyes. Pas de quoi crier au génie, mais ce disque éponyme contient assez de compos enthousiasmantes pour que l’on s’y attarde un minimum.

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