« Hello Meow » déroule d’entrée de jeu son tapis rouge de snare drums et de lignes de basse congestionnées : rapide, acide, crispant à l’extrême, on retrouve en quelques secondes l’univers frappadingue de Tom Jenkinson, le faux frère jumeau de Richard D. James. Rien n’a changé depuis « Ultravisitor », son précédent album, et sans doute que rien ne changera jamais vraiment pour notre homme aux multiples casquettes (la pochette), qui depuis plus de dix ans nous tanne le cortex de son IDM sans détours. Et même si « Theme For Sprite » sonne quasiment comme du jazz de ferry-boat, ce n’est que pour mieux nous mettre en garde, une fois de plus, à ce qui va suivre : du « Hard Normal Daddy » puissance dix, de la drill’n’bass à plein tube qui balance ses bleeps casseroles sans demander son reste (« Bubble Life », « Planetarium »). Autant dire qu’après l’étirement noisy de « Vacuum Garden », le cerveau crie à l’aide, persuadé qu’un breakbeat de plus pourrait menacer sa routine sensorielle.
Soulagement : « Circlewave 2 » tente l’accalmie en osant faire sonner une guitare acoustique et même un piano satien. On dirait presque du Savath + Savalas à la mode latino, de la bossa-nova à l’ère du digital fractal. La tempête, évidemment, était juste partie recharger ses batteries : au milieu de son œil en spirale qui nous nargue bêtement, nos oreilles essuient vite un revers certain. Les cymbales tombent comme des hallebardes (« Rotate Electrolyte »), il pleut des nappes acides en plein retour vers le futur (« Welcome to Europe »). Schizophrénique en diable, « Hello Everything » n’a rien du disque d’apéro à siffler sous une douche écossaise (l’éreintant « The Modern Bass Guitar »). A la fin des percus en écho nous font croire qu’il existe une soupape, un ailleurs plus serein (« Orient Orange » et ses stridences bouddhistes), mais il est un peu tard : dans notre caboche ça crépite comme dans un bol de Rice Krispies, on ne comprend plus rien, c’est la bérézina.

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