Robin Trower est aujourd’hui âgé de 61 ans. Il joue de la guitare depuis plus de 40 ans. A milieu des sixties, il militait chez les Paramounts. En compagnie du chanteur/pianiste Gary Brooker. Deux musiciens qui participeront ensuite à l’aventure du Procol Harum entre 1967 à 72, épinglant au passage le méga-hit "A whiter shade of pale". Lorsque Robin découvre Jimi Hendrix, il est totalement transfiguré et monte aussitôt son Robin Trower Band. Il commet son premier elpee en 1973, "Twice removed from yesterday", flanqué de James Dewar et Reg Isadore. Et "Bridge of sighs" l’année suivante. Des albums ? Il va en concocter une flopée. Mais nous en retiendrons surtout B.L.T en 1981, avec Bill Lordan et un certain Jack Bruce. "Back it up" en 83, elpee pour lequel il reçoit le concours du bassiste Dave Bronze. "Passion" en 87. Une plaque au cours de laquelle apparaît le chanteur Davey Pattison. Ces trois musiciens sont rejoints en 2003 par Pete Thompson, et gravent "Living out of time" (NDR : concocté en studio, ce disque porte le même nom que ce tout nouvel opus immortalisé ‘live’). Dernier essai studio, "Another day blues", remonte à 2005.
Nous retrouvons donc Robin au "Harmonie" de Bonn. Le 9 mars 2005. Dans le cadre du Rockpalast Crossroads Festival. Il est, bien sûr, soutenu par ses vétérans : le chanteur Davey Pattison, le bassiste Dave Bronze et le drummer Pete Thomson. On s’y attendait, le fantôme de Hendrix hante toujours Robin ; et cela s'entend dès l'intro de "Too rolling stoned" au cours duquel il écrase, le plus profondément possible, ses pédales de distorsion. Dans ce type de répertoire, Davey Pattison est le chanteur idéal. Faut dire qu’il a fréquenté le Gamma de Ronnie Montrose (NDR : un des premiers princes du hard rock et du heavy metal américain a avoir marqué les années 70). Ce disque a été enregistré en public. Il n’est donc guère surprenant que les plages soient singulièrement allongées ; ce qui permet à Trower de s'épancher au gré de son inspiration. Pourtant, je le préfère lorsque le tempo est plus lent. A l’instar de "Sweet angel". Réchauffés, les doigts cernent bien le manche. La partie de guitare n’est pas très inventive ; mais son doigté expert ne manque certainement pas d’assurance. Pendant plus d'une heure, tout son répertoire rockin' blues va défiler. Un répertoire issu des différents albums de l’artiste, partagé entre plages, ma foi, plutôt banales ; mais également moments forts. Je le répète, Trower excelle surtout lors des titres lents. Parce qu’ils libèrent une certaine intensité dramatique. A l’instar de "Daydream", une plage issue de son tout premier album, "Twice removed from yesterday". Le titre maître est du pur Hendrix, proche du célèbre "Voodoo child" voire de "Please tell me". L'ennui, c'est que nous savons qui est le créateur ! "Bridge of sighs" constitue le meilleur elpee de toute sa carrière. C’est également le deuxième. Il n’est donc guère surprenant de retrouver quatre fragments issus de cette plaque, dont le très réussi "Day of the eagle" (NDR : plus Hendrix que nature), l’indolent et majestueux "Bridge of sighs" (NDR : probablement le meilleur moment du concert) et la plage finale "Little bit of sympathy". Le morceau de plastique ne recèle qu’un seul titre typiquement (electric) blues : le nonchalant "I want you to love me", une plage qui ressemble étrangement à "Rock me baby".

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