On aurait pu croire qu’après le départ de Jimmy Lavalle (dû au succès de son side-project, The Album Leaf), Tristeza allait enfin pouvoir porter son nom avec ce qu’il faut d’atermoiement et de justesse. De fait, c’est quand même triste qu’un type comme Lavalle se fasse la malle et laisse ses potes en plan, même s’il est vrai qu’« In A Safe Place » est un sacré bon disque. La bonne nouvelle, c’est que celui de Tristeza n’est pas mal non plus, même s’il n’évite pas toujours les plans les plus foireux du post-rock - cette linéarité qui naît bizarrement du contraste et du déséquilibre. C’est donc ailleurs qu’il faut chercher la petite bête, et elle ressemble fort à un synthétiseur : omniprésent tout le long de l’album, il irrigue de ses nappes colorées le terrain craquelé des guitares électriques. De ces textures à mi-chemin entre Tortoise, Nathan Fake et Mono, on retiendra surtout l’immuable langueur : joli, mais certes prévisible… L’album s’intitule « A Colores », bref 'en couleurs' : il n’empêche que s’il est coloré, ce n’est pas en 24 bits. L’illusion persiste ainsi les quatre premiers titres, puis se dégonfle comme une vieille baudruche. Ennui ! Et tristesse, donc, qui ne dure jamais longtemps (ou pas assez).
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