Cinq ans après un « St. Anger » pour le moins décrié, Metallica est de retour. A l’instar de « Black Ice » d’AC/DC, « Death magnetic » est l’album hard le plus attendu de l’année. Un neuvième opus qui tourne principalement autour de la mort ; des thèmes développés par un James Hetfield dont on sait qu’il revient de loin. Faut-il y voir le signe de la fin toute proche d’un des combos les plus emblématiques de ces vingt dernières années ? Vu les battements de cœur qui ouvrent le premier titre de Death Magnetic le message est clair. Metallica est plus que vivant et il va en découdre avec ceux qui espéraient voir le combo sombrer dans la plus totale déconfiture. Il est vrai que depuis la sainte quadrilogie « Kill’em all/Ride the Lightning/ Masters of Puppets /And Justice for All », les quatre hommes en noir n’ont plus sorti un seul authentique elpee de trash metal, mouvement dont ils étaient le fer de lance dans les années 80. L’échec commercial de « St Anger » –bien que relatif car plus d’un combo se réjouirait de vendre six millions d’exemplaires de son moins bon album– et la thérapie de groupe suivie au travers du grand déballage dans le documentaire « Some Kind of Monster », soit l’art de laver son linge sale en famille, ont certainement influé sur la direction prise pour ce nouvel opus. Et c’est à la source de ses vertes années que Metallica est allé boire pour forger les dix titres du disque de la résurrection !
Pris dans son ensemble, « Death Magnetic » suinte les eighties. Et on se surprend inévitablement à établir des comparaisons ! ‘Ce riff évoque Master of Puppets’ ou encore ‘Cette intro ressemble vraiment à un passage de « One »’. Oubliez le son ‘poubelle’ de « St Anger » ! Au niveau de la production, on se rapproche très sérieusement du fabuleux « And Justice For All ». Il faut dire que Rick Rubin n’est pas né de la dernière pluie. Pas pour rien qu’il a joué le rôle du parfait chef d’orchestre derrière sa console. Comme autrefois, le groupe prend le temps d’installer ses thèmes, ses breaks, ses ambiances… Chaque musicien prend place pour écrire sa partie. A commencer par un Kirk Hammett qui n’a plus eu le loisir d’étaler une aussi large palette de soli depuis bien longtemps. Même le trop tôt décrié « The end of the Line » et son intro un peu trop soft pour les puristes, se dévoile au final comme du tout grand Metallica. Pas un titre de moins de cinq minutes, tous dans la lignée ‘old school’, excepté l’instrumental beaucoup trop long et terriblement ennuyeux « Suicide and Redemption » et un « The Unforgiven III » qui a tout de la farce ou de l’auto-parodie ! En guise de point final, on se prend en pleine poire l’ultra speedé « My Apocalypse » qui aurait parfaitement pu figurer sur « Kill’ em All ». Non, vous ne rêvez pas, s’il ne renferme pas de grands classiques potentiels, « Death Magnetic » est un bon album. Cette œuvre démontre ainsi que les ‘Cavaliers de l’Apocalypse’ n’ont pas définitivement tourné le dos à leur passé ; et qu’ils sont conscients que sans les fans de la période ‘trash’, le combo n’aurait jamais atteint les sommets de la gloire. Pas une mise à jour, un véritable retour aux sources…

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