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Journey To The West

Écrit par - JoWell -

Après avoir vécu mille péripéties, commis une ribambelle de hits, hanté quelques groupes fantomatiques et composé des chansons proches de la perfection, Mr. Damon Albarn nous revient pour la énième fois, caché sous un projet. Non content de mettre son génie au service d’une pop/rock originale, il a décidé de consacrer sa plume à un opéra rock ; un cadeau qu’il a emballé de cordes. « Monkey - Journey To The West » est une fable adaptée d'une légende chinoise, « Le Voyage en Occident », tirée d’un roman de Xi You Ji. L’œuvre se découpe en neuf scènes et est partagée entre 22 morceaux. De la naissance à la résurrection, on suit le parcours du Roi Singe dans des péripéties hautes en couleurs. Ecouter un opéra seul chez soi, n’est pas un exercice aisé, même si c’est Albarn qui a réadapté à sa manière l’intégralité de l’œuvre. Il faut être capable de comprendre et d’imaginer des situations oniriques et bien souvent démesurées, pour pouvoir l’apprécier. Et puis saisir l’agilité des éléments. Leur prêter forme. Accomplir un travail en profondeur à l’intérieur de soi. Initialement, la fable se joue sur scène en deux heures et est assurée par quarante-cinq comédiens, acrobates et maîtres en arts martiaux. Elle varie les genres en mélangeant projection d’images animées (tâche confiée à Jamie Hewllett, le créateur des personnages de Gorillaz), figurants en chair et en os et expérimentations sonores en tout genre. C’est certain, seul chez soi, devant ses enceintes, on n’y retrouve pas le même envol. Mais la qualité des compositions, la légèreté des accords, et ce parfum indécrottable d’Albarn a vite fait de nous satisfaire, déjà, de sa simple écoute. Les accords de xylophone, de trompettes, les vois de geishas, tout est prétexte pour nous entraîner au cœur de ce pays inconnu. Sans même imaginer qu’il puisse y avoir un risque potentiel. Pourtant, d’un tableau frêle, où l’on semble percevoir juste l’écho du vent, on précipité au sein d’un univers grave et accablant, à la limite du malsain. Aux cordes ancestrales se mêlent alors effets electro et timbales grondantes qui nous guident tout le long des 50 minutes de l’album. Ce savoureux mélange de culture et de sons parvient à créer une aura magique autour de laquelle nous gravitons avec délectation. Cependant, l’album est à proscrire aux auditeurs peu réceptifs à la créativité. En effet il sera presque impossible d’accrocher à « Monkey Journey To The West » sans une dose de volonté personnelle de compréhension. Une visite du MySpace et du site sont vivement recommandés. Pour ma part, l’album est à classer sur l’étagère ‘sublime’, pour son audace, la qualité des ses compositions et son parfum faussement mélodramatique.

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Monkey
  • Genre: Pop/Rock
  • Label Prod: XL / Beggars / V2
  • Date: 2008-08-09
  • Rating: 5
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