Cet elpee célèbre une réunion au sommet entre trois guitaristes : le génial Duke Robillard, l'ancien leader du J. Geils Band, Jay Geils, et le moins notoire Gerry Beaudoin. Pourtant, ce dernier est un musicien réputé dans le monde du jazz. Il est originaire de New England, mais vit aujourd’hui à Boston. C’est un grand admirateur de Kenny Burrell. Il a milité au sein du Boston Jazz Ensemble. Jay Geils et Gerry se connaissent depuis 1994 et manifestent un profond respect, l’un pour l’autre
Ce concept de concerts accordés sous la forme d’un trio, dans le cadre d’un ‘New Guitar Summit’, date de 1997. Mais ce projet ne sera concrétisé qu’en 2000. Lors de la sortie de l’album "Retrospective", édité chez Francesca. En 2004, paraissent "New Guitar Summit" sur Stony Plain et un Dvd intitulé "Live from Stoneham Theatre". Enfin, il ne faut pas oublier "Jazzthing II", un elpee sorti sur Ranbach Canada, en 2007, et attribué à Randy Bachman et New Guitar Summit.
Les trois musiciens sont d’excellents instrumentistes, mais n’accordent guère de place aux vocaux. "Shivers" est donc essentiellement constitué de plages instrumentales au cours desquelles jazz et swing font bon ménage. "Little bitty pretty one" ouvre le disque. Une compo signée par le trio. Un prototype pour le combo. Les comparses se partagent les soli et il est assez difficile de mettre en exergue l’un ou l’autre personnage. Les interventions sont chirurgicales. La technique sans faille. Un backing group réservé mais efficace plante le décor. En l’occurrence les basses acoustiques de John Turner et Bob Nieske ainsi que les subtiles percussions de Les Harris Jr et Gordon Grottenhaler. De grands noms du jazz nous traversent l’esprit à l’écoute de "Flying home" et "Shivers". Et en particulier Benny Goodman et Lionel Hampton. Les parties vocales sont assurées par Randy Bachman, un chanteur canadien qui a notamment sévi au sein de Guess Who et Bachman Turner Overdrive, deux groupes fondamentalement rock. Sa voix est ici empreinte d’une grande retenue. Deux plages sont signées Mose Allison, "Your mind in vacation" et "Everybody's crying mercy". Le titre maître baigne au sein d’un climat délicieusement manouche. Il est alimenté par quatre fois six cordes, puisque Bachman est venu rejoindre le trio. Un remarquable exercice de style au sein duquel j’épinglerai le délicat "Blue Sunset" ainsi que le très beau et dépouillé "Honey suckle rose".

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