Dans un magazine spécialisé, un journaliste a écrit que cette formation était à l'actuelle décade ce que Jesus & the Mary Chain était aux 80’s. Il n’a pas tout à fait tort. En fait, les Buffalo Killers (NDR : ils sont originaires de Cincinnati dans l’Ohio) puisent leur inspiration majeure dans une certaine musique des sixties. Les accents de leur musique sont manifestement psychédéliques, même si elle s’avère raisonnablement pop. Côté harmonies vocales, on ne peut s’empêcher de penser au Buffalo Springfield de Neil Young et Steve Stills. A moins que ce ne soit du Vanilla Fudge. Quant aux guitares largement amplifiées et déjantées, elles évoquent plutôt Steppenwolf voire Iron Butterfly. "Let it ride" constitue leur second elpee. Il a bénéficié du concours de Dan Auerbach, le chanteur/guitariste des Black Keys, à la production. Il fait suite à un opus éponyme. La force de frappe des Killers repose sur les frères Gabbard. Ils se partagent les vocaux. Zachary se réserve cependant la basse et Andrew, la guitare. Ils sont épaulés par le batteur Joseph Sebaali. Au cours de la première moitié de 2008, ils ont tourné en compagnie des Black Keys. Et cet automne leur nouveau périple leur permettra de jouer en supporting act des Black Crowes.
"Get together now today" nous replonge en effet très loin dans le passé. Au temps des trios post ‘summer of love’ responsables d’un hard rock dit progressif. La musique est très bien produite. La voix nonchalante est soutenue par des harmonies vocales réminiscentes du Buffalo Sprindfield. L’intensité instrumentale est très marquée. Blue Cheer est un combo qui avait fait un tabac en 68 (NDR : pour votre gouverne, sachez que ce band est toujours actif en 2008 !), lors de leur reprise du "Summertime blues" d'Eddie Cochran. Cette influence est manifeste sur "Let it ride". A cause de cette manière d'éructer les mots ; et puis de ces accords de guitares tourmentés et largement amplifiés. Couverts d’accents délicieusement pop, "Leave the sun behind" baigne au sein d’un climat beatlenesque, époque "Sgt Pepper". Les Buffalo Killers adorent restituer ces 'nuggets', des pop songs psychédéliques, délirantes, qui ont marqué le cœur des sixties. "If I get myself anywhere" en est une belle illustration. Tout comme "Give and give", une plage caractérisée par une grande richesse mélodique. Par contre, l’immersion dans le blues ne leur sied pas trop. Boogie rock, "On the prowl" est ainsi trop complaisant pour convaincre. Là où ils sont dans leur jus, c’est lorsqu’ils s’imprègnent de la folie du Blue Cheer. Ils le confirment une nouvelle fois sur "It's a shame" et "Take me back home". Luxuriant et puissant, mais toujours aussi pop et mélodique "Black paper" achève l’opus. Un titre dont l’approche est similaire à celle de Neil Young sur ses premiers albums.

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