Originaire de Houston, cette Texane est particulièrement talentueuse. Non seulement elle compose et chante, mais joue aussi de la guitare, des claviers de la trompette, et parfois même de l'accordéon et de la mandoline. Elle compte déjà huit albums à son actif. Son blues est subtilement teinté tantôt de country, de swing, de zydeco, de surf, de gospel ou de soul. A ses débuts, elle militait au sein des Imperial Monkeys. Aujourd’hui, Carolyn dirige son propre groupe ; mais elle participe également à différents projets. Elle assure ainsi les vocaux au sein de la formation du guitariste Terry Lightfoot, Band of Wonder, est impliquée dans l’aventure d’un groupe féminin de southern rock répondant au patronyme de Sis Deville ainsi que dans celle de l’Austin Volunteer Orchestra. Son dernier album, "Blood less revolution", remonte à 2003.
Ce nouvel opus a été enregistré chez elle à Austin. Il est partagé entre compositions personnelles et reprises d'artistes qu'elle apprécie. La production a été assurée par Ray Benson, un personnage qui s’est forgé une solide réputation aux commandes de la formation de western swing, Asleep at the Wheel. Pour concocter cet elpee, Carolyn a reçu la participation de quelques amis ; mais elle est bien sûr épaulée par son fidèle line up. C’est-à-dire Cole El Saleh aux claviers, Jamie Oldaker aux drums, Glenn Fukunaga à la basse et le plus souvent, Lloyd Maines aux cordes.
Le disque s’ouvre par le titre maître. Une compo rythmée. Sa puissance vocale naturelle nous cueille littéralement à froid. Elle y démontre une grande habileté à pincer les cordes électriques. Et pour la circonstance sur une lap steel guitare horizontale, responsable de cris métalliques. Terri Hendrix –une concitoyenne– signe "I found the lions". Une chanson à la dimension R&B offensive, dansante et cuivrée. Ainsi que "Throw my love". Une excellente cover taillée pour notre Miss Wonderland. Elle y étale toute ses aptitudes musicales. Un sanglot étreint sa voix tout au long de "Bad girl blues", une ballade country empreinte de douceur, un morceau souligné par les remarquables interventions à la steel guitare de Lloyd Maines. Elle me rappelle aussi parfois la longiligne louisianaise Marcia Ball. Elle se rapproche même de son style sur "Walk on", une compo coécrite en compagnie de Ray Benson. Face aux chœurs, aux cuivres, et à l’harmonica de l'ami Guy Forsyth, elle crie sa rage de vivre. Elle souffle même dans une trompette et se joint aux saxophones de John Mills. Le "Still alive and well" de Rick Derringer" est saignant. Une reprise au cours de laquelle Carolyn affiche une dextérité étonnante sur les cordes amplifiées. Elle cosigne "Long way to go" avec Benson. Elle y opère un retour dans le far-West inondé de soleil. Tout au long de ce morceau de country, traversé par le violon de Jason Roberts d'Asleep at the Wheel, on imagine parcourir les plaines arides du Texas. Mais surtout on est ébloui par la pureté de sa voix. Ballade aux accents jazzyfiants, "I don't want to fall for you" libère un swing léger, tout en subtilité. Et David Sanger, encore un autre Asleep at the Wheel, préposé aux balais, n’y est pas étranger. Carolyne emprunte le style laidback de JJ Cale sur "Trouble in the city". Une version musclée et cuivrée, dynamisée par le piano roadhouse d'El Saleh et par une guitare bien vivace. "I live alone with someone" est un blues imprimé sur un tempo indolent, caressé par une voix confessionnelle, mais bigrement convaincant. Carolyne chante passionnément et rageusement "The farmer song", la plus jolie ballade de l’opus. Epaulée par les interventions au dobro de Cindy Cashdollar, une autre concitoyenne qui ne manque par de charme, elle y joue de la mandoline. Cette œuvre s’achève par "Feed me to the lions". Elle chante en s’accompagnant au piano. Une plage raffinée délicatement par un quatuor à cordes : les racines américaines rencontrent la musique de chambre. Saisissant et superbe à la fois !

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