Au sein de la génération blues/rock contemporaine, Joe Bonamassa est sans doute celui qui récolte le plus de succès. Le célèbre magazine ‘Guitar Player’ le clame! Et reconnaissons que ce jeune chanteurs/guitariste possède plus d’une corde à son arc. Sa technique de gratteur est irréprochable. Sa voix taillée pour son répertoire. Il est bon compositeur. Il est capable de mêler du heavy blues au rock carré, sans oublier d’y injecter, circonstanciellement une certaine douceur, notamment lors des plages lentes et acoustiques. Son blues rock est hanté par l'esprit du british blues boom. Un mouvement qui remonte déjà à quatre décennies. Il a recueilli une part de l’héritage abandonné par les Jeff Beck, Jimmy Page et consorts pour aujourd’hui en récolter les fruits. A l’instar de plusieurs musiciens blancs, il a reçu, au cours de son parcours musical, le parrainage du vieux BB King. Ce dernier l’avait d'ailleurs embarqué en 2005, dans le cadre de sa tournée célébrant ses 80 piges.
A trente et un balais, le gamin vient de concocter son huitième elpee. Un disque immortalisé sur les planches. Son premier opus, "A new day yesterday", était sorti en 2000. C’était déjà un ‘live’. Et "A new day yesterday live" paraît déjà deux ans plus tard. Le tracklisting de son nouvel essai enregistré en public fait la part belle aux compos issus de ses deux derniers albums studio : "Sloe gin" et "You and me". Ce qui ne la pas empêché de conserver trois morceaux qui figuraient sur le ‘live’, édité en 2002.
Joe est soutenu par le bassiste Carmine Rojas, le drummer Bogie Beales et le claviériste Rick Malick. "Bridge to better days" ouvre les hostilités. Cette plage donne bien le ton à l'heure et demie de concert. Un rockin' blues puissant, qui me rappelle furieusement ici Mountain, un trio américain drivé par l'imposant (NDR : et le mot est faible !) Leslie West. Depuis ses débuts, Joe s'évertue à reprendre le "Walk in my shadow" du Free. Un titre issu du tout premier elpee de la formation londonienne. Alors encore jeune à l’époque, il faut le souligner. Malheureusement, j’estime que Joe ne parvient pas à faire oublier la voix de Paul Rodgers (aujourd'hui associé à Queen) ; et pas davantage le style minimaliste de Paul Kossoff. Sa reprise du grand classique "So many roads" est plus convaincante. Ce blues lent libère une énorme intensité dramatique, malgré l’exercice de style tout en dextérité qui suit. J’apprécie tout particulièrement le medley "India/Mountain time". L'introduction est majestueuse. L'artiste réussit à nous plonger au sein d’une atmosphère indienne. On y rencontre toute la richesse sonore qui peuple les palais des maharajas, avant de glisser progressivement vers un climat southern rock. Celui de "Mountain time", ponctué d'une sortie exceptionnelle sur les cordes. C'est bien dans ces circonstances que l’empreinte des grands se manifeste. Bonamassa appartient bien à la planète rock. Son "Sloe gin" n'est pas mal ficelé dans le genre. L’elpee recèle quelques reprises. J’épinglerai ainsi une bonne version du "One of these days" de Ten Years After, une autre d’"Another kind of love" de John Mayall, l'excellent "Ball Peen hammer", une compo signée par le regretté artiste texan Chris Whitley mêlant judicieusement cordes acoustiques et claviers ainsi qu’une cover kilométrique du "Just got paid" de ZZ Top. Introduite par l'instrumental "Django", cette adaptation épingle un long intermède au cours duquel le bon Joe se prend pour Jimmy Page. Issu de la plume de Warren Haynes (Allman Brothers Band/Govt Mule), "If heartaches were nickels" est une reprise qui va comme un gant à Bonamassa. Joe chante autoritairement cette version lente et mélodique. Il s’attaque victorieusement au "High water everywhere" de Charley Patton. A cet instant, il est très proche du Georgien Tinsley Ellis ; et démontre qu’il excelle dans ce style très sudiste. Et avouons que notre jeune artiste est capable de varier son répertoire. Sa voix est puissante pour chanter "Woke up dreaming", un morceau au cours duquel il s’accompagne à la sèche. Il termine ce set par la reprise du "A new day yesterday" de Ian Anderson du Jethro Tull, un titre fétiche qu'il fond au passage dans une adaptation du "Starship trooper" de Yes. Quel showman!

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