Matt Andersen est chanteur/guitariste. Un Canadien qui réside sur la côte est. Il impose par sa stature. Mais c’est surtout un artiste étonnant à la voix puissante et expressive. Il puise largement ses sources dans le blues, country et rock américain. A ce jour, il comptait deux disques enregistrés ‘live’. Tout d’abord un EP intitulé “Bold and beaten” ; et puis un elpee répondant au titre de “Second time around”. « Something in between » constitue son premier opus concocté en studio. La production a été confiée à son ami Paul Miner. Né en Angleterre, il vit aujourd’hui au Canada. Les sessions d’enregistrement se sont déroulées sur le vieux continent. A Lincoln, très exactement. Au nord de Londres. Pour la circonstance, il a bénéficié de la collaboration de quelques requins de studio. En l’occurrence le drummer Henry Spinetti et le bassiste Dave Markee ; deux musiciens qui ont bossé en compagnie d’une pléiade d’artistes. Dont Eric Clapton. En compagnie duquel il a accompli un fameux bail. Un certain Norman Barrett est également de la partie. C’est le second guitariste. J’ignore si nous sommes en présence du même gratteur qui sévissait au sein de Gravy Train, un combo de prog qui s’était illustré au début des 70s, notamment en signant quelques elpees pour le label Vertigo. Mais c’est plus que probable.
Revenons cependant à l’ami Matt! Il a une sacrée voix. En outre toutes les comparaisons émises lors de cette chronique, sont à mettre à son crédit. L’opus s’ouvre par “Come by”, un titre très southern rock qui mêle cordes électriques à un dobro acoustique. Manifestement, il est ici hanté par le spectre de Gregg Allman. Le titre maître est une bien jolie ballade country. Matt joint sa voix aux chœurs gospel. Dan Cutrona siège derrière le piano. “Working man blues” campe un boogie bien carré. Matt marque le tempo de sa slide aux accents métalliques. La production insiste beaucoup sur les effets de voix qui étreignent celle du leader ; ce qui lui permet de laisser libre cours à son talent de gratteur. La voix d’Andersen trahit parfois des similitudes avec celle de Joe Cocker. Elle est bien sûr moins ébréchée ; mais s’avère tout aussi chaleureuse et graveleuse. Et elle colle parfaitement à des plages empreintes de quiétude comme “So gone now” et “Broken man”. Ou encore sur la chanson qui m’a le plus fait flasher. En l’occurrence la reprise du “Wrote a song for everyone” de John Fogerty. De quoi vous flanquer des frissons partout. A cet instant, Matt nous réserve sa meilleure sortie sur les cordes. J’épinglerai encore une référence. Celle relative à Bob Seger, le rocker de Detroit. C’est manifeste sut la ballade rock “Stay with me”. Cutrona se réserve l’orgue Hammond ; mais le line up est différent. En fait ces sessions d’enregistrement s’étaient déroulées au Canada. Tout comme sur le tendre “How I wish”. Matt est d’ailleurs un bluesman qui déborde de sensibilité. Et “Better man blues” en est la plus belle illustration. Enfin, pour que votre info soit complète, sachez que Matt est également susceptible de s’attaquer au swing et au jazz. A l’instar de “Baby come back home”. Ou encore en fin de parcours, lorsqu’il se retire en chantant “Bold and beaten”, face à un quartet de cordes. Démontrant ainsi sa capacité à varier son répertoire. Un album fort intéressant !

Nederlands
Français 
