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What love will do

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Manifestement, cette Californienne (NDR : elle est issue de Los Angeles) a déjà parcouru du chemin. Elle a décroché deux années consécutives le ‘Blues Award’ comme meilleure artiste féminine contemporaine. Bien qu’ayant dépassé le cap des 50 balais et quoique devenue grand-mère, c’est toujours une très belle femme. Elle est née à Detroit. Sa jeunesse n'a pas été rose. Et pour cause, encore gamine, ses parents ont mis successivement fin à leurs jours. En outre, alors qu’elle était encore adolescente et vivait dans le Midwest, du côté de Minneapolis, elle devient fille-mère. Elle n'avait que 14 ans lorsqu'elle assiste à un concert d'Otis Rush. Il deviendra son premier guide musical. Bien avant Ma Rainey et Bessie Smith. Elle commence à se produire de plus en plus souvent sur les planches. En 1980, elle se fixe à Phoenix, en Arizona. Elle y fonde les Mojomatics. Une aventure qui s’étalera sur six années, avant qu’elle n’émigre vers L.A. Son premier essai, "More than live", paraît en 1991. Ce n’est encore qu’une cassette audio. Son futur époux, Jeff Turmes, elle le rencontre sur la côte ouest. Il faudra attendre 1997, pour la voir sortir son tout premier album, "It takes one to know one". Dans la foulée, elle signe encore trois productions indépendantes avant de se lier au label canadien Northern Blues Music. Elle y consacre "Bury him at the Crossroads" en 2004 et "Do I move you?" en 2006. Pour “What love will do”, son nouvel elpee, elle a atteint le panthéon du blues. Celui de la cité des vents. C’est-à-dire l’écurie chicagolaise Alligator…

L’opus s’ouvre par "That's what love will make for you" de Little Milton. L’intro trempe dans le funk/ R&B le plus pur. Cette compo fait la part belle à la voix puissante de l’adorable Miss Magness. Zach Zunis se charge des parties de guitare. Stephen Hodges frappe ses fûts sur un tempo métronomique. Il pousse tous les acteurs vers l'avant. Teresa James opère un travail impressionnant sur "I want a love". Janiva chante au cœur d’une atmosphère volontairement dépouillée. La rythmique est sèche et saccadée, malgré les battements de main. Les sonorités de la guitare dispensées par Turmes sont complètement pourries. Dave Darling se charge des chœurs vocaux. La production est très soignée. Darling coproduit cet opus en compagnie de Janiva. Dans le passé, il a bossé pour des pointures comme les Stray Cats, Tom Waits, Dan Hicks ou encore Def Leppard. La cover du "I'm glad you're mine" d'Al Green trempe dans le R&B sanguin. L’auditoire est invité à se trémousser sur la piste de danse. Le soutien aux cuivres de Jeff Turmes et Lee Thornburg est décisif. Janiva procure une nouvelle vie au "Bitter pill" d'Ann Lennox. Sans se forcer, elle adopte un profil funk à son interprétation dévastatrice. Le son est sale. Le sax baryton de Jeff est bien présent. L’orgue Hammond d’Arlan Schierbaum vibre. Miss Magness consacre tout son cœur et injecte toute sa sensibilité pour attaquer "Fool me again". Elle y administre tellement de passion, que sa respiration entre deux phrases est très perceptible. Les interventions de Schierbaum à l’orgue sont délicieuses. Si cet opus fait la part belle à la musique dansante, il faut reconnaître que les adaptations sont magistrales. Le génial et talentueux Junior Watson illumine la cover du  "Get it get it" d’Ike Turner. Blues pur, alangui, "One heartache too late" véhicule des accents dramatiques. Elle domine son sujet de la voix. Une voix tellement expressive ! Les cordes de Zach Zunis sont bien présentes. Une claque! Issu de la plume de Bill Withers,"I don't want you on my mind" affirme sa doctrine blues. Le tempo est plus marqué. Très blues aussi. La passion et l'émotion sont omniprésentes. Son mari lui a consacré deux de ses compositions. Mais ce sont de véritables joyaux. Tout d’abord "You sound pretty good". Jeff y cumule le banjo, la basse et le sax baryton. Evoluant dans l’esprit du meilleur d'Ike & Tina Turner, la puissance du son ravage tout sur son passage. "I won't be around" replonge dans un univers amène. Le timbre de Janiva est doux, caressant, sensuel. Et le trouble dans nos esprits commence à s’installer. Faut dire que le dépouillement correspond parfaitement à son profil. Cette œuvre s’achève dans la douceur contagieuse de "Sometimes you got to gamble". La voix de notre déesse libère une pureté absolue face aux accès de basse dispensés par Gary Davenport et le piano de son tendre Jeff. A travers cet opus, Janiva a voulu écire un testament consacré à la puissance de l'amour. Elle y reflète son combat pour défendre et protéger les enfants qui vivent dans les cellules familiales en crise. Une grande dame, assurément !

 

Informations supplémentaires

  • Band Name: Janiva Magness
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Alligator / Munich
  • Date: 2008-11-25
  • Rating: 4
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