Pour ceux qui n’auraient pas encore chopé le virus Bloc Party, qu’ils n’essaient même pas de se planquer chez eux en fermant toutes les portes à clé : il est déjà trop tard. Parce que Bloc Party est bien parti pour réitérer le carton plein effectué l’an passé par Franz Ferdinand. Ces quatre potes à la frange (post) punk (l’axe Wire-XTC-Cure) avaient déjà sorti un EP, « Banquet », comptant le tube du même nom, et deux autres singles (« Little Thoughts », non repris ici, et « Helicopter ») d’une puissance pop impressionnante. Il n’en fallut pas plus pour ériger ces Anglais en nouveaux porte-parole d’une jeunesse flamboyante, qui aime danser en boîte et pogoter dans les clubs de rock (ou vice-versa). Bloc Party incarne la synthèse moderne des beats glacés du disco et de la cold wave et de l’énergie incisive du rock à la Pixies. Un condensé d’humeurs a priori contradictoires, qui ici fonctionnent à plein tube (et il y en a plein, des tubes), sans que jamais ne pointe l’ombre d’un essoufflement. La grande différence chez Franz Ferdinand, c’est une autre sensibilité : plus féminine, plus romantique, plus posée (les ballades « This Modern Love », « So Here We Are »). Les Coldplay du post punk revival ? Même pas. Car si ces treize titres frémissent d’une émotion que certain taxeront de tiédeur (« Pfff, c’est quoi ces berceuses ? ! ? »), elle se trouve sans cesse ravivée par une rythmique proprement époustouflante (la basse et la batterie, hénaurmes). Bloc Party va sans aucun doute marquer cette année 2005 du sceau de l’hybridation pop et punk, slows et castagne, no et cold wave. Bref le passé, le présent et le futur, sur un seul disque. Et quel disque ! « Silent Alarm » est une vraie claque, à se taper en bloc. C’est bien parti pour Bloc Party : le jeu de mots est facile, mais il fallait le faire.