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Brant Bjork est issu de Palm Desert, en Californie. Lorsqu’il était encore aux études, il avait monté Kyuss, une formation responsable d’un ‘desert stoner’ rock aux accents heavy et psychédéliques. Le combo commettra quatre albums entre 90 et 94. Lorsqu'il quitte Kyuss, il se concentre d’abord sur le football avant de créer El Camino, un label indépendant rebaptisé depuis Duna. Il joue alors de la batterie chez De-Con, un ensemble de hardcore punk. Puis rejoint Fu Manchu, une formation de surf qui alignera quand même cinq albums. Il décide enfin d’embrasser une carrière solo et enregistre "Jalamanta" en 1999, un album de cool jazz. Peu satisfait du résultat, il grave un disque bien plus heavy l’année suivante, "Ch'e". Puis enregistre successivement "Brant Bjork and the Operators" en 2002, "Keep your cool" en 2003 et "Local angel" l’an dernier. Il a fondé, dernièrement les Bros, en compagnie de Dylan Roche à la basse, Mike Peffer aux drums et Cortez à la guitare. La critique n’hésite pas à qualifier le résultat de cette aventure, comme la plus proche du Jimi Hendrix Experience depuis près de quatre décennies.
 
En ouverture de ce double album, "Magic vs Technology" baigne au sein d’un climat sidéral. Caressées, les cordes synthétisent ces sonorités galactiques. Nous sommes directement plongés dans la musique de Brant Bjork. Bien en rythme, la guitare est tout d'abord malmenée. La voix étrange accroche. La section rythmique balise ce "Get into it" comme à la meilleure époque de la new wave britannique. Brant nous entraîne effectivement dans son trip. Psychédélique, déjantée, la guitare écrase tout sur son passage, puis s’évade… Impressionnant ! Quoique sculpté dans un hard – ma foi – fort classique, "Kiss away" demeure musicalement très riche, évoquant au passage les trios glorieux que furent Cream et Experience. "73" aurait pu sortir en ….1973. Un fragment furieusement proche du groupe anglais Free de Paul Rodgers et Paul Kossoff. "Lil' Bro" lorgne davantage vers le rock sans compromission des Flamin' Groovies. Répétitives, "Moda", "Dr Aura" et "Inside of you" trahissent une influence teutonne, krautrock si vous préférez ! Autre hard rock classique, réminiscent du début des 70’s, "Gonna make the pony trot" manque singulièrement d’éclat. "Sweet Maria's dream" campe un blues à la fois calme et allumé, un blues bjorkien, presque progressif. Nous ne sommes pas tellement loin de la démarche prônée par Tony McPhee chez les Groundhogs, il y a une trentaine d’années. La musique de Brant est riche, complexe, très diversifiée. Ses influences sont multiples. "Freak levels" entame le deuxième disque. L’univers sonore est envahi par quelques cris d’animaux. Les guitares arrachent et explorent de nouveaux horizons psychédéliques ; toujours aussi allumés. Bjork a également recours aux techniques studio pour projeter ce voyage torturé. Les cordes fouettent de riffs "Let the truth be known". Dominée par la voix, cette plage est taillée sur mesure pour un trio de hard rock du début des 70s. "Dylan's fantasy" est excellent, mais trop court. Un instrumental secoué par les quatre cordes frénétiques de la basse. Plus conventionnel, "The messengers" est une parfaite démonstration de la bonne mise en place des trois instrumentistes. La tension monte et se mue progressivement en fureur. Amorcé par un monologue, "Paradise on earth" nous convie à un voyage en Thaïlande. Une aventure qui respire la douceur. "Coor Abdul" propose un autre voyage atmosphérique vers l'Orient lointain. Narré par Bjork, "Avenida de la Revolucion" est imprimé sur un tempo répétitif assuré par les percussions. Lors de ce monologue, il évoque Hendrix et ne tarde pas à laisser ses cordes se tordre dans un tourbillon de notes qui aurait plu au dieu Jimi. Et ce même fantôme introduit ce riff notoire, immortalisé à la fin des 60’s par le Cream dans le sublime "Sunshine of your love" ; un trio qui aura lui aussi marqué les hommes du désert. Tourmenté par les cordes implacables, cette plage aboutit dans les flammes de l'enfer. Longue finale, "Arcadia eyes" repose sur un riff puissant, dispensé à l’unisson par les trois instruments. Maintenant, je me pose quand même une question : pourquoi cette compo se termine après 5 des 10' annoncées et redémarre deux minutes plus tard, mais sous la forme d’une pop song sucrée et mielleuse ? Brant a beaucoup écouté les musiques d'une époque lointaine et la restitue aujourd'hui, sous une forme contemporaine. De toute évidence, cet opus est digne d’intérêt.

Informations supplémentaires

  • Band Name: Brant Bjork
  • Genre: Pop/Rock
  • Label Prod: Duna / Evil Bitch 666
  • Date: 2005-12-31
  • Rating: 0
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