Encore un blues band américain qui puise son inspiration dans le son des années 50 : le blues urbain de Chicago époque Chess, le Delta blues du Mississippi et le rock'n'roll de Memphis, période Sun. Un quatuor : Chris Boegar à la basse, ‘Low Rollin´’ Joe Nosek à l’harmonica et à la guitare rythmique, Kenny ‘Beedy eyes’ Smith (NDR : le fils de Willy Big Eyes) à la batterie, et Travis Koopman aux guitares. Ces trois deniers se partageant les vocaux.
L'album s’ouvre par "Cash Box boogie", leur titre fétiche. Joe Nosek se réserve le chant. Tout est bien huilé. La machine swingue. Joe en profite pour dispenser son catalogue d’effets à la Little Walter! Tout reste bien en place pour la reprise du "Chicago bound" de Jimmie Rogers. Le rythme est soutenu. Le chant de Travis n'est guère transcendant, mais il démontre toute sa verve sur les cordes! Les Kings ne relâchent pas le tempo. Dans le même registre, ils nous assènent "Searchin' for you", un boogie composé par Travis. Son chant est ponctué de phrases décisives et agressives produites par l'harmonica qui reste constamment à l’avant-plan. Signé John Brim, "Tough times" nous ramène dans un climat très fifties, particulièrement proche de Muddy Waters : le Southside Chicago blues. Il est vrai que Travis a accompagné Brim, jadis! Il passe ici à la slide comme pour ponctuer cet effet Waters. Slow blues, "Trouble in mind" est une adaptation d’un ‘traditionnel’. Invité, Todd Cambio pousse son harmonica dans les aigus, en y injectant une bonne dose d'expression. Il chante également passionnément. Issu de la plume de Joe, "Drop down, holler and stomp" est un boogie léger et accrocheur. Son chant est excellent, même s’il force quelque peu sa voix. Le backing est parfait et l'harmonica décolle sur ce riff hypnotique. Bercée par un rythme exotique, "Blue cha cha" est une plage que j’apprécie beaucoup. Nosek y souffle à la manière de Junior Wells. La guitare de Koopman est réverbérée comme celle d'Otis Rush, mais les accords sont plus fragiles ! Les Kings sont ici à leur meilleur niveau. Le "Big road" de Tommy Johnson nous ramène davantage vers le Delta du Sud. Une cover que le Canned Heat de Bob Hite aurait pu réaliser. A cause du jeu rudimentaire mais respectueux. L’adaptation du "Louise" de Big Walter Horton est exécutée avec beaucoup de retenue et une certaine dose d'émotion. Travis chante autoritairement son "Money man", dans le style Southside. Epinglant des compos signées T-Model Ford, Muddy Waters, Johnny Young et Willie Dixon, la fin de l’opus respecte une unité de style. « Live at the King Club » est un disque d’honnête facture, sans plus. Une plaque commise par une formation comme il doit en exister, sans doute, une kyrielle outre-Atlantique.