Crystal Skulls nous vient de Seattle. Un quatuor responsable d’une musique particulièrement sophistiquée. Complexe également, même si plusieurs écoutes sont nécessaires pour s’en rendre compte. Qui mêle habilement la power pop et la prog issue de la Canterbury school. Avec une mise en forme digne de Todd Rungren voire de Steely Dan. Power pop à cause des compositions allègres, contagieuses, élégantes, qui rappellent Badfinger et les Nerves. Prog inspirée par Caravan, un des chefs de file de la Canterbury school. Et en particulier son premier elpee, qui manifestait encore une grande sensibilité pop, mais aussi et déjà les premiers signes d’une future orientation soft/jazz/rock. Todd Rungren et Steely Dan parce que les arrangements frisent la perfection. Evidemment, après tout ce que je viens de vous raconter, il serait fort étonnant que vous puissiez vous faire une idée plus ou moins précise du style pratiqué par Crystal Skulls. A moins peut-être de compulser l’encyclopédie du rock. Mais vu l’absence de références contemporaines (NDR : peut être The Sea and the Cake ?), il était difficile de faire autrement. D’autant plus que certains médias ont poussé l’hérésie jusqu’à les comparer à REM, aux Smiths, à Big Star, à Television et même aux Strokes. N’importe quoi ! Côté lyrics, Christian Wargo dispense tout au long de cet opus des contes qui fouillent dans les recoins les plus sombres de l’existence quotidienne. D’une voix claire, distincte, haut perchée, dont le timbre évoque parfois Donald Fagen (Steely Dan) ou Lowell George (Little Feat). Ca recommence !