Californiens, les frères Ford roulent leur bosse les routes du blues depuis belle lurette. Robben et Patrick ont entamé leur carrière au début des années 70. Ils accompagnent alors Charlie Musselwhite. Mark, leur frère cadet, les rejoint alors au sein du Charles Ford Band, du nom de leur père. A partir de 72, les frangins décident de faire cavalier seul ; ce qui ne les empêchera pas de se réunir régulièrement. Patrick est le moins connu. Il joue de la batterie mais ne chante pas ; cependant, il est le fondateur du label ‘Blues Rock it’. Au cours des dernières années, le Ford Band avait commis deux elpees bien sympathiques : "Tribute to Paul Butterfield" et "In memory of Michael Bloomfield".
Le concert s’ouvre par le très notoire "Mellow down easy" de Little Walter. L'ensemble manifeste une grande cohésion ; ce qui n'est manifestement pas une surprise pour un line up constitué de trois frères. Robben est le premier à sortir de sa réserve en dispensant un premier solo dans son style bien personnel. La scène permet le développement de thèmes ; et nos trois frangins ne se privent pas de cette opportunité. Robben introduit le funky "Another fine day", une plage interprétée d'une voix mâle par Volker Strifler, le deuxième guitariste. Robben chante le classique "Good morning little schoolgirl" de Sonny Boy Williamson I. Mark y tire tout naturellement son épingle du jeu. Son intervention à l’harmonica est étonnante, inventive et toujours très inspirée. Robben se réserve ensuite les vocaux pour deux de ses compositions : "Nothing to nobody" et "Tired of talkin'". La première est une plage très personnelle mêlant à la fois jazz, rock et blues. Elle nous permet sans doute ici de retrouver le meilleur du Ford Band. Robben possède un timbre musical qui se prête facilement à son écriture. Les sorties instrumentales sont de haute facture. L'entente entre les frères est telle, qu'ils peuvent se permettre de jammer sans jamais ( ?!?!?) susciter l'ennui. "Tired of talkin" est un blues rock plus classique. Mark y développe un solo majestueux à l'harmo. Mark vient à son tour chanter deux de ses compositions dont "Feelin' disconnected". Mark jouit également d’un timbre très musical. Plus frêle, il libère cependant beaucoup de feeling. Invité, le guitariste Chris Cain monte sur scène pour interpréter "Up from the streets", un jazz rock funky émaillé d’interventions originales. Ce Californien relève également de l'équipe du label Blues Rock It. Le set s’achève par le "Lovin' cup" de Paul Butterfield. Patrick s’y réserve le chant. Et un bon album de plus pour l'équipe Ford!