Paru en 1960 sur le label américain Crown, cet elpee fait aujourd’hui l’objet d’une réédition sous la forme du compact disc. Ce cinquième opus de B.B. réunit des plages enregistrées chez Modern records depuis 1952. La plaque s’ouvre par "Sweet sixteen", un superbe blues enregistré à l’origine par Big Joe Turner, en 1952. Une plage qui est considérée aujourd’hui comme la plus notoire de B.B.. Tout y est : la voix si expressive et musicale ; la guitare qui répond sans cesse au chant. Un merveilleux exemple du savoir faire de cette légende vivante du blues. Ce titre avait atteint la 2ème place des charts R&B en 1960.
"Quit me baby" est un blues mid tempo. B.B. est toujours au sommet. Les cordes de Lucille sont bien en avant. Autre superbe blues lent, "I was blind" bénéficie du concours de chœurs masculins : ceux des Kings Men ! Une participation très convaincante. Les titres de bonne facture se succèdent. A l’instar de "What can I do" ou encore de "Some day somewhere", une compo introduite par une guitare fragile et un vibraphone. Le disque recèle également trois succès mineurs décrochés en 1954-55 (NDR du R&B !) : le "Sneakin' around" de Jessie Mae Robinson, "Ten long years" (NDR : un classique de B.B. !) caractérisé par cette voix qui vous flanque des frissons partout, et "Whole lotta love", une plage rendue célèbre par le Led Zeppelin et ici découpée par un riff particulièrement acéré, réminiscent d’Elmore James. B.B. chante nerveusement "Days of old" devant sa section de cuivres au grand complet. Il y dispense un solo impeccable. Chacune de ses notes fait mouche. Ce tracklist figurait sur l’elpee originel. Ace nous gratifie ici de huit bonus tracks, dont six n’avaient jamais été édités à ce jour. Et tout d’abord "Young dreamers", une ballade soul sans grand intérêt, nonobstant la présence d'arrangements de cordes. Très rock'n'roll, "Bim bam" date de 1956. Le piano est sautillant. Les choeurs sont plutôt désuets ; mais le solo accordé par Plas Johnson au sax ténor est vraiment explosif ! Pour votre info, sachez que B.B. n'aimait pas cet enregistrement… Le morceau de plastique recèle encore une reprise classique du "Trouble in mind" de Richard Jones. BB chante également "Down now". Sa voix est bien moins haut perchée que de coutume. Le piano de Lloyd Glenn est impeccable. Lucille opère une sortie discrète mais déterminante. Les quatre plages finales sont reproduites en stéréo et bénéficient de la participation des musiciens du saxophoniste Maxwell Davis. Tout d’abord une très bonne (NDR : et nerveuse !) version du "Broke and hungry" de Sleepy John Estes. Ensuite le "Shotgun blues" de Lightnin' Hopkins. B.B. chante cette cover très virilement et laisse éclater ses cordes. Il vit son blues. B.B. interprète deux de ses compositions : "What a way to spend the night" et "A woman don't care". Du King pur et dur. Pas de cuivres. Un accompagnement minimaliste : un piano et bien sûr une guitare acérée, largement amplifiée.