‘Le dynamisme des machines, l’âme des machines, énonce Ralf Hütter, ont toujours été partie prenante de notre musique. La transe est toujours due à la répétition et tout le monde recherche la transe dans sa vie, qu’elle soit par le sexe, l’émotion, le plaisir, dans les soirées, etc. Par conséquent, les machines produisent une transe absolument parfaite’. Trente-cinq ans après sa formation, le groupe de Ralf Hütter et de Florian Schneider bat toujours le pavé (et le fer électro), prodiguant live son concept intact d’« Industrielle Volksmusik »… Ce double cd enregistré en public aligne 22 titres immortalisés lors de la dernière tournée marathon de 2004, 69 shows qui ont vu Kraftwerk parcourir le monde et célébrer une énième fois les noces heureuses de l’homme et de la machine. Sur ces 22 titres, 6 du « Tour de France Soundtracks », leur dernier album en date (2003), et tous les classiques intemporels, de « Neon Lights » à « Autobahn », en passant par « Radioactivity » et « Trans Europe Express »… Le son est d’une qualité exceptionnelle (le contraire aurait été étonnant), la sélection parfaite. Ne manque plus que l’image, tout aussi essentielle (le livret, magnifique). Avec ce disque Kraftwerk prouve encore une fois son talent de groupe visionnaire, à l’avant-garde de la révolution électronique. En 1975, Lester Bangs écrivait dans Creem à propos d’« Autobahn » : ‘Où va le rock ? Il est en cours de capture par les machines. Bien plus qu’un simple disque, ‘Autobahn’ est un réquisitoire contre tous ceux qui voudraient résister à la volonté de fer (…) de l’aube inéluctable de l’âge de la machine’. Vingt ans plus tard, cette confession reste d’une surprenante actualité. Le fin mot de cette histoire ? Il faudrait sanctifier Kraftwerk.