Les Moondogs se proclament trio rockin' blues moderne et contemporain ! Leader, Derek Timms chante et joue de plusieurs instruments. Il est soutenu par Eddie Masters à la basse et Graham Walker aux drums. Fondée à Londres en 1999, la formation jouit d’une solide réputation en ‘live’. La musique des Moondogs est très électrique et ne laisse guère de place à la douceur.
L’opus s’ouvre par "Every thing". Tout au long de ce boogie bien en rythme, la guitare largement amplifiée de Derek se complait, dès qu'elle se libère, dans un registre exclusivement rock. Signé Greg Allman, "The midnight rider" est arrangé à la sauce Timms. Sa voix passe bien. Pour la circonstance, le trio est renforcé par l'orgue de Paul Miller et les percussions de Kwaku Dzidzornu. "Travelling show" est tramé sur un riff blues. La voix de Timms est toujours bien en phase. Elle possède du caractère. Manifestement bien pensés, les arrangements sont assez complexes. Au cours de cette plage, le jeu de guitare se développe avant de céder le relais à la basse de Masters. A l’arrière plan, Rod Argent (NDR : un vétéran qui s’est illustré chez les Zombies au cours des sixties avant de fonder Argent dans les années 70) tapisse la solution sonore de son orgue ; et j’apprécie tout particulièrement ce "Travelling show" généreusement imbibé de jazz! "Blue tatoo" baigne au sein d’un univers plus propice à la musique progressive. Et en particulier celui de Manfred Mann lorsqu’il présidait à la destinée de l’Earth Band. Blues électrique lent, "The blues 'll get you" est nappé par l'orgue Hammond de Paul Miller. Un titre qui manque certainement de panache, mais qui ne souffre pas de l’aspect démonstratif et flamboyant d'un Gary Moore par exemple. La reprise de "Little red rooster" est déjà plus convaincante. A cause de la présence de Paul Miller au piano et de Richard Smith à l'harmonica. De l’efficacité de la guitare aussi. Malheureusement, la section rythmique est assez embarrassante pour ce type de répertoire. Derek joue le bref instrumental "Moon dog boogie" en solo. Sa guitare flirte ici avec le style de Freddie King. Une compo, ma foi, fort agréable à écouter. Dans un registre plutôt hard pop, "That's what she said" marque un retour à la formule du trio rock. Une formation qui doit certainement briller sur les planches… Une mandoline balaie délicatement le roots pop "Don't worry 'bout a thing", tandis qu’un riff rythmique inspiré des Stones alimente "Tank full of fuel". La voix de Timms et aussi grave et chaude que celle de Tony Joe White sur l’intimiste "Hitman", une plage dont l’ambiance ténébreuse trempe dans le swamp rock. Très réussi ! La cover du "Baby please don't go" de Big Joe Williams achève cet opus de bonne facture. Une version qui respecte l'arrangement assez exceptionnel qu'en avait fait le Them de Van Morrison, il y a déjà quarante-deux ans. Oui, oui, en 1963 ! Une chanson qui figurait sur la face B du plus grand hit de la formation irlandaise : "Gloria". Et je vous prie de croire que c'est du solide ! D’autant qu’on y retrouve Jim Rodford (ex-Argent) à la basse.