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Flash forward

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Corky Siegel (chant, harmonica, piano) et Jim Schwall (guitare, chant) fondent, au beau milieu des sixties, le Siegel-Schwall Band, un des groupes pionniers de blues blanc aux States. Le tandem se partage la composition. Et engage Sam Lay aux drums. Un vétéran qui milita au sein du Little Walter Band à la fin des 50s, puis accompagna Muddy Waters et Howlin' Wolf, avant de rejoindre le Paul Butterfield Blues Band. Le line up sera complété ultérieurement par le bassiste Rollie Radford, un personnage qui rejoindra le groupe peu de temps avant sa première séparation. La formation commettra de nombreux elpees jusqu'à leur split, en 1974 ; dont le tout premier éponyme. En 1966, chez Vanguard. En 88, l’ensemble se réunit lors d’un concert accordé à Chicago. Un opus ‘live’ (sorti chez Alligator) immortalise cet événement : "Reunion Concert".
 
« Flash forward » constitue donc le premier album studio du Siegel Schwall Band, depuis 32 ans. Evidemment si on ne tient pas compte de la discographie en solitaire des deux leaders. Et notamment les deux opus de Corky Siegel et son Chamber Blues : "Corkie Siegel's Chamber Blues" ainsi que "Travelling Chamber Blues show!". Les deux musiciens blancs sont donc à nouveau soutenus par une section rythmique bien noire. En ouverture, "Afraid of love" épouse la structure rythmique de Jimmy Reed. Corky se réserve l’essentiel de la partie solo. A l’harmonica. Assis derrière ses drums, Sam assure les vocaux. Très rythmique, la guitare fait preuve d’une grande efficacité ; mais les choeurs sont plutôt encombrants. Corky chante son "Déjà vous", une compo très rythmée, assez boogie. Son jeu d'harmonica n'est guère éloigné du style pratiqué par Sonny Terry. Le chapitre instrumental est très intéressant, brillant même ; malheureusement j’émettrai de nettes réserves pour le chant et surtout les chœurs pathétiques de Rollo et de Miss Marcy Levy. J'apprécie beaucoup Sam Lay. Il a écrit et chante "Goin' back to Alabama". Corky y démontre qu’il est bien meilleur instrumentiste que vocaliste. Jim Schwall signe "The underqualified blues", un slow blues largement inspiré par Muddy Waters. Il chante un peu mieux que Siegel. L’intervention à l’harmonica est sublime. Proche de Little Walter voire de James Cotton elle transpire le vécu. Le piano est bien présent et joue parfaitement son rôle. A l’instar d’un Bob Margolin épaulé par Muddy, Jim opère sa sortie. Rollo Radford (le bassiste) a écrit le récréatif et un peu fêlé "Krazy". En outre, il chante d'une voix plus mâle que ses amis blancs. La plaque recèle cependant quelques plages plus faibles : "Can't stop" et son rythme reggae, "On the road" aux accents country (NDR : Jim se consacre pourtant à la mandoline) ou encore "Twisted", un peu trop calqué sur le classique "Killin' floor". Mais dès que Sam Lay revient sur le devant de la scène, les compos retrouvent, comme par magie, toute leur intensité. A l’instar du boogie "Rumours of Long Tall Sally", un des sommets de l'album… mais surtout un fragment qui inspire les deux solistes. Ballade délicate chantée d’un timbre grave par Rollo, "Pauline" est imprimé sur un tempo subtil. En finale, le très downhome blues "Stormy weather love" est empreint d’une grande sensibilité. Sam Lay la chante avec beaucoup de feeling et de sensualité. Bien qu’affichant de solides atouts, "Flash forward" nous laisse un peu sur notre faim. Bien sûr, les musiciens sont d'un niveau plus qu'honorable, et en particulier Siegel ; mais il faut reconnaître que le bât blesse dans le domaine des vocaux.

Informations supplémentaires

  • Band Name: Siegel Schwall Band
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Alligator / Munich
  • Date: 2005-12-31
  • Rating: 0
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