Ce jeune musicien anglais est né dans le Sud profond de l'Angleterre. En 1971. A 16 ans, il découvre le rock'n'roll avant de se tourner vers le blues. Il choisit alors pour nouveau dieu : Muddy Waters. A 20 ans, il fonde son premier groupe : Mr Siegal. Dont il transforme le nom en Ian Siegal and the Score pour commettre son premier elpee, "Picture postcards". Il s'installe alors à Londres et rencontre d'autres compatriotes comme Lee Sankey, harmoniciste de talent, en compagnie duquel il joue régulièrement. Il opte enfin pour patronyme de son band : le Ian Siegal Band. Une formation responsable l'année dernière de l’opus "Standing in the morning". Paru sur le label allemand Taxim, ce disque a été très bien accueilli par la critique. Ce qui lui a sans doute permis de tourner en première partie des Rhythm Kings de Bill Wyman.
"Sugar rush" emprunte un bon tempo. La section rythmique soutient les cordes du soliste Matt Schofield. Une section qui pour la circonstance réunit la basse d’Andy Graham, les drums de Nikolaj Bjerre, l’orgue hammond C3 de Jonny Henderson et la guitare rythmique de Ian. La voix de Siegal est très musicale. Il est capable de la moduler à souhait. Et même d’emprunter le timbre caverneux de Howlin' Wolf. Un timbre qui peut se faire étrange et hypnotique. A l’instar de l’excellent « Revelator ». Face au riffs de guitare, la sonorité des cordes accentue cette impression d’insolite. Siegal possède un solide talent de compositeur. "Butter side up" baigne au sein d’une certaine sérénité. Très présente, la voix ne manque pas de caractère. Dans un registre proche de Chris Rea. "Drowned my sorrows" marque un changement radical de style. Les percussions se manifestent d'entrée sur un chant incantatoire auquel réplique les choristes. Pour la circonstance, Ian a choisi une guitare National steel, à la sonorité bien métallique. Plage funky, "Brandy balloon" baigne au sein d’un certain exotisme. Un soupçon de reggae filtre dans le rythme. L'orgue d’Henderson se fond au cœur de ce climat propice au dialogue échangé avec la batterie. Rejoint par l'harmonica de Giles King, la guitare acoustique ouvre une parenthèse rafraîchissante de blues rural chez "Work". "She got the devil in her"/"I gotta try baby" baigne au sein d’une atmosphère Delta. La voix majestueuse de Ian domine son sujet. Les cordes s'enflamment alors que cette rythmique lancinante persiste. L'arrangement est royal. Une plage qui monte lentement mais sûrement en puissance. La voix devient surpuissante, expressive, impressionnante. On entre alors clairement dans le monde du southside de Muddy Waters. L’organe de Ian est à nouveau remarquable lors de son interprétation de "Falling on down again", un R&B particulièrement lent. Et Jonny, à l’orgue, mène parfaitement sa barque. L’univers sonore est pour la circonstance très proche de celui d’Otis Redding époque Stax. Encore que les inflexions de la voix me font plutôt penser à l'Irlandais Van Morrison. Le tempo s'élève pour le R&B "Bloodshot". Une plage enflammée par une solide partie de cordes exécutée par Schofield. L'Interlude #2 trahit une nouvelle fois l’admiration sans bornes qu’il porte à Waters. Un vrai bonheur ! Le jeu de slide du maître est fort bien respecté. "Magdalena" opère une autre brillante incursion sur l'axe Mississippi – Chicago. La voix caverneuse de Howlin' Wolf revient chatouiller nos oreilles. Très bien ficelé, le titre maître est définitivement tourné vers le Delta. Le timbre vocal de Ian Siegal y est sculpté comme un joyau. La guitare lorgne du côté de John Lee Hooker voire de Lightnin' Hopkins. Un must pour 2005!