Gary est un bel homme. Souriant, musclé, il a été sapeur pompier à Los Angeles, garde-forestier, agent de sécurité sur les plages du Pacifique, cowboy dans un ranch et… bluesman itinérant. Ce Californien a découvert le blues en écoutant le vétéran John Jackson ; quelque part en Virginie, où le vieux noir travaillait également comme fossoyeur. Gary est entré en studio, pour la première fois, afin d’accompagner un autre ‘Piedmont’ bluesman, John Cephas. Il avait alors participé à la confection de quatre titres.
Gary est le fondateur de ‘Harmonikids’, une organisation dont l’objectif fondamental est de soigner les enfants par la thérapie de l'harmonica. Il a ainsi apporté son soutien personnel aux enfants victimes du tsunami en Indonésie et de l'ouragan Katrina, en Louisiane. Il leur a offert des harmonicas et leur a appris les premiers rudiments pour pouvoir interpréter l’une ou l’autre chanson. Il s’est produit un peu partout dans le monde, aussi bien dans des formules électriques qu'acoustiques.
Flanqué des Sugar Daddys, il avait commis son premier elpee, "Throwing heat", en 2003. Pour concocter ce second opus, Allegretto a reçu la collaboration de ses musiciens, mais également de plusieurs invités de marque. Pour la plupart des amis. Et notamment, Ivan Neville, Miss Janiva Magness, John Cephas et Doug McLeod… L'album est partagé entre plages acoustiques et compos largement amplifiées. Gary signe douze des quatorze fragments.
Gary souffle dans les aigus pour introduire "She speaks to me". Le rythme est calqué su celui de Jimmy Reed. Sur ce titre, il est épaulé par ses musiciens : le guitariste Tommy Kay, le pianiste Steve F'Dor, le bassiste Paul Eckman et le drummer David Kida. Une entrée en matière aussi brillante qu’engageante. "Bad man" adopte un même profil. Un excellent niveau qui persiste tout au long de "Somerset", caractérisé par des accents empruntés au country blues. Notamment grâce à la complicité presque fraternelle entretenue entre l'harmo et la guitare National Resonator de Doug McLeod. Rocker, "Good to go" est un morceau tout à fait remarquable, au cours duquel le piano de F'Dor se montre insatiable pendant que l'harmo flâne en totale liberté. L’approche acoustique recèle des richesses insoupçonnées. Et tout d’abord "Four days late", une ballade imparable évoquant le drame vécu par la Nouvelle Orléans, lors du passage de Katrina. Ivan Neville siège derrière l'orgue Hammond. Son timbre vocal est divin. Et que dire de celui de la charmante Janiva Magness ? Ce duo est soutenu par Rich Del Grosso à la mandoline et David Jackson à l'accordéon. Gary et Janiva se partagent un autre tandem sur "Risk of love" ; Neville se militant aux claviers pendant que Kay se libère sur sa slide. Ian Espinoza (NDR : il a sévi chez les Blasters) gratte et chante "Never the same", un morceau très country blues. John Cephas apporte son concours à la guitare sur quatre plages. Il se réserve le chant pour "Hurry down rounder". Le partage en compagnie de Gary tout au long de "Saddle my pony", une chanson particulièrement grisante. La connivence affichée entre John et Gary rappelle son habituel partenaire Phil Wiggins. Balayé par le banjo et le violon, "Settle down blues" baigne à nouveau dan un climat cowboy. L’elpee recèle deux reprises. "Back to Memphis", tout d’abord. La voix légèrement lasse colle parfaitement à cette version tonique, imprimée sur un tempo très rock'n'roll. Ensuite, le "Mind your own business" de Hank Williams. En duo. Avec pour partenaire Cephas. D’excellente facture, cet opus s’achève en compagnie du même duo. Mais sous une forme instrumentale. Un "John's kitchen rag" cuisiné à la sauce piedmont.
Suivant les dernières infos, Gary Allegretto vient de sortir un nouvel elpee de tendance acoustique. Davantage folk roots voire Americana. Son titre ? "Harmonicowboy". Un surnom qui lui avait été attribué lorsqu’il bossait comme garde-forestier dans l'Arizona, le Colorado, le Nouveau Mexique et le Wyoming!

Nederlands
Français 
