Américaine émigrée à Londres, la belle Addie Brik, pianiste chanteuse de son état, a voulu mettre les petits plats dans les grands pour son premier long format. Un grand orchestre à cordes (le Russian Chamber Orchestra de Londres), les To Rococo Rot, des programmations, des musiciens jazz/rock et un grand chœur féminin se sont unis pour un résultat musical qui part dans tous les sens. Aussi chatoyante que la décoration d’un cabaret turc, la musique de « Loved Hungry » a choisi de ne pas se cantonner à un style. On part de grandes envolées orchestrales à la John Barry (« My little pony ride ») en passant par de l’électro-funk (« Saki »), du jazz, du folk, de la samba dépressive (« I get home »), du trip hop (« Fruit Fly ») et de l’ambient (« Holes and Bridges »). Vocalement, son timbre évolue dans un registre proche d’une Tori Amos, en plus maniéré (oui, c’est possible), qui se lamente plus qu’elle ne chante. Et c’est bien à cause de la voix d’Addie qu’on a bien du mal à s’envoyer cette dizaine de chansons. Car musicalement, ils ont beau être totalement aboutis, ces morceaux ne restent que des écrins vides si une voix digne de nom ne vient pas se caler dessus.