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Voices from the street

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Pat Boyack est aujourd’hui âgé de 37 ans. Originaire de l'Utah, sa fascination pour l'univers musical texan l’incite à émigrer vers Dallas. Il concède cependant un petit séjour à Phoenix, en Arizona, où il y sévit au sein des Rocket 88s en compagnie du chanteur/harmoniciste Jimmy Morello. Mais en 93, il revient à Dallas, pour y fonder les Prowlers. Après avoir commis un 1er album plutôt discret ("Armed and dangerous") il rappelle son compagnon Morello et commence à se forger une certaine popularité. Il signe chez Bullseye et sort "Breakin' in" en 94 et "On the prowl" en 96. Le brillant Morello prend cependant son billet de sortie et cède le relais à Spencer Thomas. Sous cette formule, il réalise un dernier album en 2000, "Super blue & funky". Pat Boyack devient alors le guitariste officiel du groupe de Marcia Ball. Il a ainsi participé à la confection des deux derniers elpees de la longiligne pianiste. Deux disques parus chez Alligator. Ainsi que sur les elpees de W.C Clark et de Robin Banks. Repéré puis signé par les fins limiers de Doc Blues records, il enregistre alors cet opus.
 
Pat n'est pas chanteur. Il a donc reçu le concours de cinq vocalistes. Il est également soutenu par la section rythmique du Phantom Blues Band de Taj Mahal. En l’occurrence Larry Fulcher à la basse et Tony Braunagel à la batterie. Le tout Austin est présent : Riley Oborn et Nick Connolly aux claviers, ainsi que les Texas Horns parmi lesquels on retrouve le sémillant Kaz Kazanoff, également responsable de la production.
 
L'album s'ouvre par le "Listen to me" de Robert Parker. Chanté par sa patronne, Marcia Ball, ce R&B puissant est soutenu par une section de cuivres très riche, composée de trois saxophones, deux trompettes et un trombone, et par des chœurs assurés par trois voix mâles. Une entrée en matière royale. Marcia est au sommet de son art et la solution sonore coule de source. Le climat reste franchement R&B tout au long de "Misery". Ruthie Foster chante de son timbre soul. Unique rescapé des cuivres, Kazanoff accomplit une brillante sortie sur son sax ténor. W.C Clark chante, de son timbre grave et expressif, "The power is gone", une composition lente, sculptée dans le Memphis R&B, guère éloignée de ce que peut réserver BB King en personne. Dans le même registre, W.C chante le très beau "First comes the grievin" ; mais dans l'esprit des meilleures productions de Stax, exécutées au cours des sixties. Sweetpea Atkinson interprète "Chance in love", une ballade blues soul légère, imprimée sur un tempo modérément funky, soulignée de chœurs féminins et traversée discrètement de petites grappes de notes dispensées par Mr Boyack. Le bassiste Larry Fulcher chante le "Who's gonna help brother get further?" de Lee Dorsey sur un rythme syncopé, réminiscent de la Nouvelle Orléans. Pat entame "Ain't that a shame", une nouvelle tranche funky, chantée par Atkinson et hydratée par l'orgue Hammond d’Osbourn. Pour la première fois, on a droit à un excellent solo dans un style assez proche d'Albert Collins. Mais il est trop court. Ruth Foster chante remarquablement "Feel like goin' on" sur un tempo très enlevé, presque rock'n'roll, soutenu par le piano d'Osbourn et l'orgue de Connolly. Il faut attendre la dixième plage pour enfin entendre Pat s'éclater sur un instrumental funky et cuivré : "Sexy coffeepot". Fan de Marcia Ball, j'apprécie tout particulièrement la ballade douce "These are people". Atkinson réapparaît sur "Shogun Slim", un funk puissant, très proche de James Brown, caractérisé par un superbe solo de Pat, dont les notes sont acérées, véritablement tranchantes. Le rythme reste funky, répétitif et contagieux tout au long d’un "Pushin' on" animé par Ruth Foster. L'album s’achève brillamment par la reprise du "Time has come today" des Chambers Brothers, un hymne particulièrement populaire au cours des 60’s. Libéré, Pat s'en donne à cœur joie. Atkinson, Ball, Foster et Clark, les vocalistes, se passent le relais dans la bonne humeur. Et c'est bien la fête ! "Voices from the street", vous l'avez compris, n'est pas un album de blues, mais une œuvre dont la fusion de R&B, de soul et de funk, est destinée à se remuer, à danser. Cet excellent elpee se poursuit par une longue plage cachée, que l'on pourrait qualifier de free jazz funk rap. Dommage tout de même que Boyack ne se mette pas plus souvent en évidence, car il est brillant gratteur. Il faut féliciter Doc Blues qui manifeste autant de célérité à nous faire découvrir les aspects les plus intéressants de la scène texane. Si vous en avez le loisir, n’hésitez pas à vous procurer les albums de Sonny Boy Terry, Long John et Tom Hunter, Jeffrey P. Ross, John McVey ainsi que Walter T. Higgs, autant d’artistes qui relèvent du label d’Austin.

Informations supplémentaires

  • Band Name: Pat Boyack
  • Genre: Blues/Roots
  • Label Prod: Doc Blues
  • Date: 2004-12-31
  • Rating: 0
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