Le timbre de ce chanteur compositeur californien évoque un Beck duquel les aspérités auraient été soigneusement gommées. Encore qu’à d’autres moments, l’ombre de Bono n’est jamais loin. Côté musique maintenant. Pour son deuxième long format, l’ami Black présente une douzaine de ballades centrées sur les guitares folk. Le tout est enrobé dans des batteries largement programmées et des arrangements de cordes cossus. Tout cela ressemble un peu à du Coldplay ; seulement qu’ici les mélodies carrément calibrées FM de Gus n’ont pas le même souffle que celles de ses collègues ‘brittons’. Il se fend aussi d’une reprise éthérée du Paranoïd de Black Sabbath… C’est loin d’être désagréable, mais on est en droit d’attendre un peu plus de ce genre d’exercice. Comme des mélodies plus prenantes par exemple mais surtout plus de feeling. Car la production du disque, toute entière concentrée à arrondir les angles, enlève toute chaleur et dynamique aux compos, alors que ce sont des conditions si ne qua non pour que les auditeurs accrochent à ce genre de solution sonore...