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Les Blues Shacks constituent une des toutes meilleures formations de West Coast jump européennes. Et je ne m’avance pas trop en proclamant, qu’il s’agit tout simplement d’une des meilleures formations de blues. Le groupe a été fondé en 1989 par les frères Alt. En l’occurrence, le guitariste Andréas (NDR : aujourd’hui âgé de 37 ans), et le chanteur/harmoniciste Michael (NDR : de 34 ans balais). Le groupe a déjà commis six albums pour le label Stumble : "Feelin' fine today" en 1994, "Jive talk, slow walk" en 1995, "Reality show" (avec Kid Ramos et Fred Kaplan) en 97, "Live at Lucerne Blues Festival" (avec Tad Robinson) en 98 ; et enfin, pour célébrer leur dixième anniversaire, ils se sont fendus d’une double sortie en 99 ("Straight blues – Big swing", partagé entre une album de swing et un autre de blues). Les Shacks ont alors signé chez Crosscut, pour lequel ils ont gravé "Midnite diner". En 2001.
 
L'album s'ouvre par "Cool drinks", un thème instrumental qui met en place les différents acteurs musicaux. Andréas Alt a invité le prestigieux Alex Schultz et s’appuie déjà ici sur la remarquable section rythmique composée d'Andreas Bock aux drums et de Henning Hauerken à la basse. Les échanges de cordes opérés entre les deux brillants protagonistes sont, vous l'aurez deviné, de haute facture. En outre, Alex libère une de ces tonalités ! "Do to me " est un blues assez classique, au tempo modéré. Le piano de Dennis Koekstadt entre dans la danse, mais ce sont les guitares qui se partagent la vedette. Alex Schultz est au sommet de son art. Il est réellement et facilement un des tous meilleurs. Ce qui n’est pas une raison pour négliger l’excellent prestation au chant de Michael Arlt. Ce dernier sort enfin l'harmonica de sa poche et attaque "Wait on honey", la revue des plans de son maître Little Walter, bien sûr, dans la tête. Michael se mue en adepte de Sonny Boy II pour aborder "Give and take a little". Le piano de Dennis donne le change. Imprimant un tempo élevé, la machine à swinguer teutonne est brillante. A l’instar de "Beauty parlor gossip", caractérisée par une extraordinaire envolée de Schultz. "Can't hide love" épouse une forme plus paisible et sereine, autorisant de nouveaux échanges souverains entre les deux gratteurs. Les acteurs s'amusent ! L’instrumentation vire carrément au jazz sur "Answer to TT special". Tandis que la section rythmique s’agite, les solistes sont à la fête. Michael joue comme un Toots Thielemans soudain rajeuni. Dennis au piano et Andreas forcent le respect. Eclectiques, ils peuvent virer franchement au rock'n'roll. A l’instar des Fab Ts de la grande époque. Et "If that ain't love", au cours duquel Dennis martèle ses ivoires, en est la plus belle démonstration. Dans un registre proche, "If you don't want me" est un shuffle joyeux. Le piano soutient la section rythmique. Tout semble naturel jusqu'à la sortie de l'harmonica de Michael qui ponctue un des meilleurs instants de l'album! Le frère souffleur est désormais lâché. Sur 'Mad man blues", il crache avec puissance des petites phrases empruntées à Little Walter. La joie est à bord ! "Rambling kind" est encore une bonne plage rythmée. Le blues lent n’a pas été négligé ; et "Good night's sleep" l’incarne à la perfection. Ponctué d’un superbe solo tout en retenue, accordé par Andreas Alt, sa montée en puissance progressive déborde d'expression et de sensibilité. Un excellent elpee de plus à mettre à l'actif des Blues Shacks. Faut dire que cette formation dégage une telle aisance. Et elle en fait une nouvelle démonstration tout au long de la dernière plage, "Shipwrecked". Je vous recommande chaudement cette plaque !

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