Très attendu, le premier album de ce duo féminin new-yorkais a été concocté sous l’égide de Dave Sitek, petit génie qui se cache derrière TV On The Radio. En circulation depuis 2006, Busy Gangnes et Melissa Livaudais se sont spécialisées dans le mélange des genres. Capables de pondre des titres très expérimentaux qui ne dépareilleraient pas sur une compilation ‘No Wave’, elles aiment aussi l’électronique et surtout le dubstep. Le dubstep semble d’ailleurs avoir été une grande inspiration dans la confection de ce disque, comme en témoignent les basses profondes et les rythmiques plutôt complexes (« Lights Go Down ») qui traversent ce disque. Pour enrober le chant naïf et adolescent des deux donzelles, Dave Sitek s’est amusé à bidouiller une série de synthés d’époque pour donner une coloration résolument ‘eighties’ aux neuf titres de « Dance Mother ». Sur « In your line », la rythmique évoque le Cure de la période « Faith », tandis que « Can’t Stand It » rappelle une des kilométriques intros de « Disintegration ». Robert Smith a dû en avoir les oreilles décollées…
Malgré son titre, « Dance Mother » est tout sauf dansant et il faudra à l’auditeur plusieurs écoutes pour apprécier cette tranche d’intellectualisme new-yorkais. Ce qui ne veut pas dire que ce disque soit de mauvaise facture, au contraire. « Chrome’s On It », le minimaliste « Lights Go Down » et le (presque) pop « Michael » constituent de très bons titres laissant entrevoir le potentiel du duo. Certes, l’elpee recèle quelques plages dispensables ou carrément crispantes, le chant boudeur (et un peu limité) du duo n’y étant pas étranger. A boire et à manger donc, mais pas inintéressant….

Nederlands
Français 
