Agé de 35 ans, Albert Cummings est né dans le Western Massachusetts. Dans sa famille, on est entrepreneur de père en fils. Et Albert ne souffre pas d’exception. Il a commencé par jouer du banjo à cinq cordes, avant de passer à la guitare en écoutant le prodige texan, Stevie Ray Vaughan. Son premier album, "The long way", est paru en 2000 ; un disque passé inaperçu. Il rejoint ensuite l’équipe des musiciens de Vaughan. Un groupe auquel il s’intègre immédiatement. Nous sommes alors peu de temps avant la disparition accidentelle du guitariste d'Austin…
Pour enregistrer son deuxième elpee, "From the heart", Cummings avait reçu le concours de l'ancien backing band de Stevie Ray Vaughan au complet : Double Trouble, Layton, Shannon et Winans. Un disque sorti en 2002. Et pour la confection de « True to yourself », il a également bénéficié d’un ‘who's who’ de musiciens : Tommy Shannon à la basse, Tommy Shannon aux claviers (NDR : un partenaire très habituel pour Tommy) et B.E Frosty Smith aux drums (NDR : il a joué chez Omar & the Howlers et en compagnie de Gary Primich, Pat Boyack, Guy Forsyth, Doug Sahm et Marcia Ball.) Blind Pig croit en son artiste. La plus belle démonstration procède de la présence de Jim Gaines à la production.
Dès les premières notes de guitare, nous sommes plongés au sein d’une atmosphère très ‘hendrixienne’. Albert doit avoir passé ses disques en boucle pour ce "Man on your mind" au tempo funky. Mais si l’interprétation est sans faille, on ne peut pas dire que la création soit au rendez-vous. Hendrix a inspiré plusieurs générations de musiciens. Des dauphins qui se sont succédés dans le temps : Robin Tower, Stevie Ray Vaughan, Walter Trout. A l’instar de Vaughan, certains d’entre eux ont manifesté davantage de créativité. Passé l’ouverture, la marque ‘hendrixienne’ s'estompe sérieusement. L'artiste possède une bonne voix, une voix calquée sur son style d'ailleurs. Un hard rock agréable caractérisé par un accompagnement efficace dont une excellente section rythmique ; le tout saupoudré d’interventions d’orgue Hammond discrètes. Albert signe un tout bon solo en picking sur le funky "Work it out", dans l’esprit d'Albert Collins. Hard rock blues assez banal, "Come up for air" est une occasion supplémentaire de faire rugir les cordes à travers une avalanche de notes. Comme le titre l'indique, "Blues makes me feel so good" est bien entendu plus proche du blues, nonobstant son tempo rapide. "Where did I go wrong" marque le retour du rythme funk. Une nouvelle occasion pour les cordes de se libérer en loopings et autres dérapages contrôlés. Et il faut avouer que dans le style, c'est fichtrement bien fichu ! Tout au long du boogie shuffle très énergique "Your sweet love" Albert démontre qu’il a une fameuse santé. Il fait une pause sur "Sleep", une ballade aussi douce qu'inutile. Long slow blues atmosphérique, "Lonely bed" aurait été franchement génial, si Vaughan n'avait pas concocté "Tin Pan Alley", le siècle dernier. Bien que très bien interprétée, on a l’impression qu’il s’agit d’une copie carbone. Cummings achève cet opus par "Follow your soul", un rock bien ficelé pour lequel il est vraiment taillé !